MAROC
29/10/2015 05h:37 CET | Actualisé 29/10/2015 05h:57 CET

Où en est le projet de généralisation de la couverture médicale au Maroc?

Où en est la généralisation de la couverture médicale au Maroc?
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Où en est la généralisation de la couverture médicale au Maroc?

SANTÉ - Dix ans après l'adoption de l'assurance maladie obligatoire, quelles sont les prochaines étapes pour que celle-ci touche un maximum de citoyens? Dans son rapport annuel 2014, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dresse un bilan mitigé de la problématique. Tour d’horizon des constats et recommandations les plus significatives.

Ce qui a changé

L’assurance maladie obligatoire (AMO) entrée en vigueur en août 2005 et gérée par la CNSS, touche de plus en plus de citoyens. Elle a évolué en moyenne annuelle de 6% sur les cinq dernières années, note le CESE, se basant sur les chiffres de l’Agence nationale de l’assurance maladie. Entre 2009 et 2013, environ 1,6 million de personnes ont été couvertes, augmentant la population concernée à 8 millions d’individus.

Même si l’AMO est de plus en plus courante, surtout dans le secteur privé, certaines catégories de travailleurs attendent toujours. L’un des plus grands défis reste l’inclusion des artisans, des indépendants et professions libérales, des ayant-droits et des étudiants, souligne le CESE.

99% de la population ciblée par le Régime d'assistance médicale (RAMED) a été inscrite, selon le CESE, qui évalue cette tranche éligible à 28% de la population du Maroc. Cette couverture médicale permet aux personnes aux moyens financiers limités de bénéficier de manière gratuite à toutes les prestations disponibles dans le réseau des établissements publics de soins médicaux.

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Dernière avancée en date, l'accès, pour les immigrés en situation régulière et les réfugiés, à une couverture médicale de base et aux soins de santé similaires au "panier de soins" du RAMED, selon une convention signée lundi 26 octobre par les ministères de la Santé, de l’Intérieur, de l’Economie, et des Affaires de la migration.

Ce que le CESE recommande

Si le RAMED est "une réussite", selon le CESE, son efficacité sur la durée dépend de plusieurs paramètres. Le conseil recommande "la création d’un organisme indépendant en charge de la gestion du RAMED", autre que le ministère de la Santé, et appelle également à "l’adaptation et la mobilisation des établissements publics de base" afin de pouvoir absorber une demande grandissante. Aussi, il est nécessaire de "renforcer les dotations de médicament et du personnel" afin de permettre un service efficient aux plus démunis.

Cette recommandation vient dans le cadre de propositions plus globales afin d’améliorer l’accès des Marocains aux soins de base. Le CESE évoque un "contexte marqué par les profondes mutations politiques, économiques et sociales" qui ne fait qu’accroitre les exigences du secteur de la santé, d’où "la nécessité de procéder à une réforme profonde du système de santé mettant le citoyen au centre de toute démarche", suivant l’esprit et le texte de la Constitution de 2011.

Parmi les clés proposées, la régionalisation reste importante pour le CESE qui juge que c’est un outil "fondamental d’organisation et de gestion des services de santé", notamment dans la formation et le recrutement des ressources humaines.

"Il importe aussi de mettre en place une stratégie sectorielle de partenariat public/privé et des stratégies intersectorielles de prévention des maladies non transmissibles, des déficiences et du handicap" rappelle le Conseil, qui propose l’intégration de ces principes dans une carte sanitaire nationale dont le décret a été soumis au secrétariat général du gouvernement en 2014.

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