MAROC
28/10/2015 11h:54 CET | Actualisé 28/10/2015 14h:43 CET

Les étudiants en médecine signent leur deuxième marche nationale (REPORTAGE)

SANTÉ - Mercredi 28 octobre. Il est 10 heures. Nous sommes au quartier administratif de Rabat, à Hassan. Des milliers d’étudiants en blouse blanche sont rassemblés dans la place qui fait face au ministère de la Santé. "Nous sommes venus à bord de neuf bus de Fès, en plus des personnes qui sont venus en voiture ou en train", nous confie un des organisateurs de la manifestation, qui nous informe que le transport a été financé par le Bureau des étudiants, qui veille au bon déroulement de la manifestation.

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Car malgré le dernier communiqué publié conjointement par les ministère de la Santé et de l’Enseignement supérieur, annonçant "la création d’une commission mixte de suivi avec les représentants des étudiants et médecines et des résidents", les futurs médecins ne décolèrent pas, et ont décidé de maintenir leur grève, ainsi que leur marche nationale ce 28 octobre. "Le communiqué est flou. La suspension d’un projet veut dire qu’on peut le ressortir à tout moment", nous confie une médecin pathologiste exerçant dans le privé, venue de Meknès pour soutenir sa fille, étudiante en médecine. Si le service médical obligatoire est la goutte qui "a fait déborder le vase", le dossier de revendications des étudiants en médecine comporte plusieurs exigences, parmi lesquelles, la reconnaissance de leur doctorat. "Il est impensable qu’aujourd’hui un étudiant qui a enduré huit ans de galère puisse avoir un diplôme équivalent au master", juge la mère médecin.

marchre nationale médecine

S’ils étaient 12.000 selon les organisateurs lors de la première marche, ils sont plus optimistes cette fois et s’attendent à quelque 20.000 manifestants. "Nous avons été rejoints depuis par les médecins internes et résidents, ce qui augmentera probablement le nombre de personnes présentes", nous explique un étudiant. Des bénévoles en brassards de couleur orange veillent à ce que le sit-in ne déborde pas sur les voiries et guideront par la suite la marche vers l’esplanade du parlement, d’autres, en brassards bleu, font le tour de la manifestation, répondant aux questions des étudiants. La commission des étudiants porte des brassards noirs et est la seule habilitée à répondre à la presse. Ceux en vert, eux, ont la tâche d’animer la foule, de scander les slogans dans des mégaphones. (L'article continue sous le diaporama)

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De l’autre côté de l’avenue, une centaine de parents sont venus soutenir leurs enfants et observent de près le sit-in. "Nos enfants sont des adultes. Nous comprenons parfaitement leurs revendications et les soutiendrons jusqu’au bout", nous lance une mère venue de Khemisset avec son fils. "Ils nous ont expliqué leurs revendications et nous sommes là aussi pour éclairer l’opinion publique sur l’injustice que vivent nos enfants", ajoute un père de famille, qui a même préparé un panneau pour l’occasion. Autour de la place, les forces de l'ordre observent le sit-in qui prend de plus en plus d’ampleur.

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11h, début officiel du sit-in. Un pick-up chargé de hauts parleurs s’installe près de la fontaine. Des étudiants distribuent à leur camarade des feuilles où les slogans ont été imprimés. Le dernier tifo est dressé, caricaturant le ministre de la Santé en panthère rose souhaitant s’emparer du secteur de la Santé. Un brassard vert prend alors le mégaphone et scande les slogans, repris en choeur par des milliers d’étudiants, médecins internes et résidents, venus des quatre coins du royaume, qui embrayent sur l'hymne national.

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"Les solutions proposées par le ministère sont palliatives, elles ne règlent pas les problèmes pour autant. Un médecin sait d’office, en entrant à la faculté, qu’il exercera dans une zone enclavée, là n’est pas le problème. Mais il n’est pas logique de lui imposer deux ans supplémentaires à un cursus déjà long sans l’embaucher dans le secteur public", nous explique un médecin venu soutenir les étudiants. Pour l’instant, le mouvement estudiantin qui boycotte les bancs des facultés de médecine du royaume ne semble pas fléchir. "Une année blanche ne nous fait pas peur, à El Ourdi de réagir en acceptant nos revendications s’ils veulent que l’on regagne les amphithéâtres", affirme une étudiante venue de Oujda.

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