MAROC
28/10/2015 11h:48 CET | Actualisé 28/10/2015 11h:49 CET

Les enjeux du 2ème Forum économique de la Francophonie à Paris

Les enjeux du 2ème Forum économique de la Francophonie à Paris
Benjamin Reverdit
Les enjeux du 2ème Forum économique de la Francophonie à Paris

FORUM - "La francophonie pourrait être notre maison commune. Il y a un an à Dakar, plusieurs chefs d'Etat ont tracé les plans de cette future maison. A nous de la bâtir", a lancé Richard Attias mardi à Paris, en ouvrant le 2ème Forum économique de la Francophonie qui réunissait un certain nombre de personnalités africaines comme les présidents sénégalais Macky Sall, gabonais Ali Bongo et malgache Hery Rajaonarimampianina.

Ainsi que le premier ministre belge Charles Michel ou le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, Laurent Fabius, représentant le président François Hollande retenu en Gironde pour l'hommage national aux victimes de l'accident de car tragique de Puisseguin ayant fait 43 morts. Victimes à la mémoire desquelles une minute de silence a d'ailleurs été observée.

La maire de Paris et présidente internationale des maires de villes francophones, Anne Hidalgo, a bien entendu profité de cette tribune pour faire la campagne de Paris, "seule ville francophone candidate aux Jeux olympiques de 2024" en se déclarant persuadée que tous les participants de ce Forum seront "au rendez-vous" et que "Paris sera là".

Passer de la parole aux actes

michaelle jean

La Secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean

Mais c'est incontestablement Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie, qui a donné le ton de ce Forum en parlant avec force et âme de cette "francophonie des solutions" pour laquelle elle se bat désormais depuis un an, en lançant un cri d'alarme en faveur "des millions de jeunes francophones dont l'avenir est la précarité" et dont "la désespérance constitue un terreau fertile pour tous les criminels et trafiquants".

Mme Jean a également souligné le fait que "dans l'Afrique subsaharienne, 12 millions de jeunes se présentent chaque année sur le marché du travail et rejoignent la cohorte des chômeurs". La Secrétaire générale de la Francophonie a profité de cette tribune pour mettre en avant des réalisations concrètes comme la création de l'Institut de la Francophonie pour l'Education et la Formation, lancé le 5 octobre dernier à Dakar. Et de se féliciter en fin de journée de "ce désir de passer de la parole aux actes" et "d'investir dans la jeunesse". Pour conclure: "Mission accomplie".

Cet échange direct entre décideurs politiques et économiques a permis de soulever bien des problèmes, à défaut parfois de les résoudre comme par un coup de baguette magique.

Le président Macky Sall du Sénégal a ainsi ouvertement appelé les pays riches à "mettre de l'argent sur la table" pour éviter que les différents pays d'Afrique en développement tombent à leur tour dans "les énergies polluantes comme le charbon et les hydrocarbures" et "s'engagent au contraire vers les énergies propres et durables".

macky sall

Le président sénégalais Macky Sall

"Good luck, mister Fabius!"

Interrogé sur la nécessité d'un "passeport francophone", il répond sans détour: "A ma connaissance, rien n'a encore été fait", mais "chez nous il n'y a pas de problème" car il n'y a plus de visa, "pour laisser l'entrée libre au Sénégal". Avant d'insister sur la nécessité de "réformes majeures pour donner des perspectives économiques à la jeunesse" qui doit rester sur le continent car "sa vocation n'est pas de traverser la Méditerranée et de rester parfois au fond" comme la crise des migrants l'a trop souvent laissé entrevoir de manière tragique ces derniers mois.

Avec un certain sens de la formule, le président du Gabon souligne quant à lui que "si le français est la langue de la diplomatie, pour nos jeunes, qu'est-ce que cela met dans l'assiette ?". Avant d'ajouter: "Oui, la francophonie, c'est un atout et une opportunité, mais pas seulement d'employer dans les salons l'imparfait du subjonctif!".

Et Ali Bongo de faire observer que "l'Afrique a émergé en premier grâce au sport " car "nos athlètes ont su se mettre à niveau et brillent dans de nombreuses disciplines" alors que toutes les compétitions sportives comme la CAN (Coupe d'Afrique des Nations) sont toujours l'occasion de "programmes d'investissement et de développement" qui tirent l'économie d'un pays vers le haut et permettent d'améliorer la vie quotidienne des populations.

Le président malgache, qui accueillera en novembre 2016 le XVIème Sommet de la Francophonie à Antananarivo (Madagascar), a invité pour sa part à tout faire pour "éviter la déconfiture de cette jeunesse qui risque d'être une bombe à retardement pour nos sociétés" si le problème de l'emploi n'est pas résolu et que tous ne trouvent pas une formation adéquate et un travail décent dans leur propre pays.

Au nom de la France, qui avait l'honneur d'accueillir ce 2ème Forum économique de la Francophonie, Laurent Fabius a quant lui insisté sur la mobilité économique, l'harmonisation du droit des affaires et, bien entendu, la transition écologique et énergétique à un mois de l'ouverture de la COP 21 le 30 novembre prochain à Paris, qui se doit d'être une réussite.

"Good luck, mister Fabius!", lui avaient cependant confié beaucoup de ses homologues quand la France fut choisie pour abriter cette conférence qui réunira 196 pays. Un véritable "challenge". Ou défi en bon français.

LIRE AUSSI:Le Forum Economique de la Francophonie appelle à l'action à travers sa 2ème édition