MAGHREB
28/10/2015 11h:45 CET | Actualisé 28/10/2015 12h:11 CET

Amine Landoulsi, seul Tunisien sélectionné pour la première Biennale des photographes du monde arabe contemporain à Paris (PHOTOS)

Amine Landoulsi

Porter un éclairage sur les photographes contemporains qui opèrent dans le monde arabe, c'est le pari de cette Biennale, qui rassemblera entre autres 29 artistes dans une exposition collective du 10 novembre 2015 au 16 janvier 2016 à Paris.

Parmi les artistes, plusieurs Marocains, des Egyptiens, mais également un artiste tunisien, Amine Landoulsi. Né au Bardo, en 1976, Amine Landoulsi est un photographe tunisien qui nourrit sa passion par les aléas du quotidien.

Diplômé en hôtellerie, sa première vocation s'avère pourtant être la photographie. Il est aujourd'hui photographe reporter pour une agence de presse turque.

"La photographie, c'est plus qu'une passion pour moi. Le parcours que j'ai vécu, c'est un peu grâce et à cause de la photographie", a déclaré le photographe au HuffPost Tunisie. Derrière son objectif, il se qualifie d’artiste autodidacte, d’un homme qui vit et voit tout simplement.

Aujourd’hui, il est exposé en Tunisie mais aussi en France, aux États-Unis, en Slovénie et au Brésil.

Silence ça tourne

Amine Landoulsi exposera deux de ses photos à la Biennale dans l'exposition collective: Silence ça tourne et La Madone de Tunis.

"Je suis ému par rapport à cette participation parce qu'on m'a reconnu pour mon travail, et non parce qu'on me connait personnellement", explique le photographe. "Géraldine Bloch, Commissaire de l’exposition, a repéré mon travail dans une exposition à New York et elle m'a ensuite contacté."

En 2011, il canalise son savoir-faire au profit et grâce à la révolution tunisienne et est témoin des premières émeutes qui ont soulevé la capitale. "Au lendemain de la révolution, on ne pouvait pas se concentrer sur les expositions. On envoyait des photos un peu partout dans le monde, on était vraiment porteur d'information, d'image", déclare Landoulsi.

silence ça tourne

Silence ça tourne, © Amine Landoulsi


"Silence ça tourne" est une photographie de la série de clichés qui porte le même nom, prise lors d’une des plus grandes manifestations de l’après révolution qui a eu lieu sur la place du Bardo en Tunisie. Début août 2013, une immense foule a envahi la place pour demander la dissolution de l’Assemblée et la démission du gouvernement, qui tous deux, sont pour majorité islamistes (Ennahdha).

Ce soir-là, les manifestants les accusent et les condamnent pour les assassinats politiques perpétrés à l’encontre de Chokri Belaıd le 6 février 2013 et du parlementaire Mohamed Brahmi le 25 Juillet de la même année. Avec cette série Silence ça tourne, Amine Landoulsi capture un des moments les plus saisissants de l’histoire des Tunisiens après révolution.

Une première

La première Biennale des photographes du monde arabe contemporain se déroulera principalement à l'Institut du monde arabe et à la Maison européenne de la photographie -les deux institutions qui fédèrent l’évènement-, mais aussi à la Cité internationale des arts, la Mairie du 4e arrondissement de Paris, les galeries Binôme, Basia Embiricos, Photo 12 et Graine de Photographe.

"L’enjeu est d’apporter des points de vue différents, sans doute contrastés, mais finalement positifs sur le monde arabe, d’en révéler la richesse et les difficultés, les transformations trop peu connues, les confrontations de ses habitants à des événements, parfois chaotiques, dont ils sont victimes: la Biennale doit être une sorte de radioscopie du monde arabe", explique Jack Lang dans un communiqué diffusé par l'organisation de la Biennale.

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