ALGÉRIE
27/10/2015 10h:13 CET | Actualisé 27/10/2015 11h:12 CET

Idir en duos avec Aznavour et Cabrel dans un nouvel album prévu pour 2016

Kabylie news.com

Le chanteur algérien d'expression kabyle Idir a annoncé le 26 octobre à Alger la sortie prévue pour 2016 d'un nouvel album de douze titres dont des duos avec des grands noms de la chanson française.

Invité en compagnie de Lounis Ait Menguellet, autre chantre de la chanson kabyle, au 2e salon de la créativité organisé par l'Office nationale des droits d'auteurs et droits voisins (Onda), Idir a expliqué lors d'une conférence de presse tenue à cette occasion, que sa présence était motivée par le souci de "soutenir" l'Onda dans son action en faveur de l'expression artistique, appelée à aller vers "plus de changement", selon lui.

Idir qui a sorti en 2013 "Adhrar innu" (Ma montagne), un CD comprenant onze titres, s'associera dans son prochain opus à Charles Aznavour qui chantera en duo et "en Kabyle" avec lui sur la musique de "La Bohême", un des plus grands succès du chanteur français qui fêtera bientôt ses 92 ans.

Dans un autre duo, Idir, Hamid Cheriet, de son vrai sera accompagné de Francis Cabrel, autre grand interprète, auteur et compositeur de la chanson française, qui devrait porter un autre texte en Kabyle dans le nouvel album dont le titre n'a pas été dévoilé.

Plusieurs autres chanteurs berbérophones seront également présents aux côtés de Idir à travers une dizaine de chansons de l'album.

L'interprète de la fameuse chanson "Avava Inouva", traduite en 20 langues étrangères, a salué la nouvelle scène algérienne qui, selon lui, compte "de plus en plus de jeunes talents" dans la chanson, estimant qu'il avait la chance d'appartenir à une "génération porteuse", à une "époque où il fallait s'affirmer" dans son identité culturelle.

A une question de savoir les raisons de sa longue absence de la scène en Algérie, son dernier gala ayant été donné en 1979 à Alger, Idir a répondu qu'il était avant tout un "artiste porteur d'une identité et de valeurs".

"M'inviter uniquement pour les belles mélodies que je compose sans tenir compte de la culture dont je suis issu relèverait de l'inacceptable", a-t-il dit dans une allusion à à ses positions connues en faveur de l'officialisation de Tamazight.

Sa non participation à la manifestation Constantine capitale de la culture arabe, Idir aussi bien que Aït Menguellet ont donné leurs explications. Pour les deux chanteurs kabyles, l'identité amazighe de la ville a été occultée.

Idir a, cependant, précisé que "d’abord je n’avais pas envie d’y participer. Mais ce n’est pas parce que je déteste Constantine. Au contraire, c’est une belle cité, un haut lieu culturel. Ce qui m’a gêné c’est l’idéologie sous-jacente qui existe derrière ce thème ‘Constantine, capitale de la culture arabe’. Si on l’avait organisé à Dubaï ou ailleurs, j’aurais peut être participé d’un point de vue artistique. Il n’y a pas une culture arabe, mais des cultures arabes. Donc à ce niveau, il y a un contexte idéologique qui veut éliminer beaucoup d’autres choses". Il ajoutera "Je n’aime pas qu’on vienne me faire participer à une idéologie aussi fausse. L’acception ‘être Arabe’ veut dire littéralement c’est un habitant de l’Arabie Saoudite. Et, par extension, tous les pays où l’on parle arabe. Mais je ne veux pas entrer dans ce jeu-là parce que je suis Berbère, méditerranéen, francophone et arabophone car je comprends et je parle arabe. Mais fixer cette arabité comme étant le pôle d’intérêt unique, je ne suis pas d’accord. J’accepte la culture de mon pays, quelle que soit la langue qui l’exprime. L’histoire de l’Algérie est commune ou morcelée. Sinon, on ne s’en sortira pas."

Le chanteur a souligné, toutefois, que malgré cette absence, il a toujours représenté l'Algérie "dignement" partout où il s'est produit dans le monde. Tamazight est reconnue langue nationale depuis 2002.

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