ALGÉRIE
27/10/2015 13h:24 CET | Actualisé 27/10/2015 13h:47 CET

Assassinat du militant anticolonialiste Henri Curiel: la famille demande la réouverture de l'enquête

AFP

La famille du grand ami de l'Algérie, l'anticolonialiste Henri Curiel, tué le 4 mai 1978 à Paris, demande la réouverture de l’enquête judiciaire sur son assassinat resté inexpliqué, rapporte aujourd'hui des médias français.

Une plainte avec constitution de partie civile vient d’être déposée auprès du doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris par l’avocat des proches d’Henri Curiel, Me William Bourdon.

"Nous avons déposé plainte avec constitution de partie civile vendredi", a indiqué l'avocat de la famille, Me Bourdon. "Il est difficile d'imaginer que de nouvelles investigations ne soient pas entreprises après les révélations du livre "Le roman vrai d'un fasciste français", a-t-il ajouté.

Dans cet ouvrage, paru en mai, René Resciniti de Says, membre de l'Action française décédé en 2012, revendique l'assassinat du militant d'extrême gauche Pierre Goldman et celui d'Henri Curiel. Selon ce témoignage posthume, recueilli par le journaliste Christian Rol, René Resciniti de Says aurait agi sur ordre de Pierre Debizet, patron du SAC, le service d'ordre du parti gaulliste. "Ce témoignage déterminant rend indispensable la réouverture de l'enquête", a souligné Me Bourdon. "Il y a des personnes qui sont encore vivantes dans l'entourage de celui qui s'auto-désigne comme l'assassin", a-t-il relevé.

Le 4 mai 1978, 14 heures : deux hommes armés abattent Henri Curiel à la sortie de son domicile parisien, 4 rue Rollin. Un assassinat revendiqué, à l’époque, par un mystérieux "groupe Delta". Ses tueurs n’ont jamais été retrouvés.

En juillet 1992, l’enquête judiciaire se conclut par un non-lieu. Au début des années 2000, de nouveaux témoins sont entendus. Mais l’affaire est, à nouveau, classée sans suite, le 29 septembre 2009. Faute d’élément nouveau, le dossier sera éteint judiciairement dans dix ans, en septembre 2019.

Or, pour la famille d’Henri Curiel, cet élément nouveau existe : il s’agit du témoignage posthume d’un ancien mercenaire, proche du SAC (Service d’action civique), le service d’ordre du parti gaulliste engagé dans une dérive sanglante dans les années 1970.

Né en 1914 au Caire, Henri Curiel est le fondateur du mouvement communiste en Egypte, il est exilé par le roi Farouk en 1950.

Il s'installe alors en France et soutient la guerre de libération et le FLN pendant la guerre d'Algérie. Il rejoint le réseau fondé par Francis Jeanson, "Les porteurs de valise". Arrêté en octobre 1960, il passe dix-huit mois à Fresnes.

Henri Curiel est libéré après la signature des accords d’Evian. Il échappe miraculeusement à une expulsion du sol français.

Il soutient les mouvements de libération du tiers-monde (fondateur du réseau "Solidarité"), partisan d’une solution négociée entre Israël et les palestiniens, Henri Curiel se trouve dans le collimateur de plusieurs services secrets qui le considèrent comme le chef "des réseaux d’aides aux terroristes".

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