ALGÉRIE
26/10/2015 02h:35 CET | Actualisé 26/10/2015 02h:37 CET

Présidentielle en Argentine : duel Scioli-Macri au second tour

Le favori à l'élection présidentielle argentine Daniel Scioli salue ses partisans après avoir voté
afp
Le favori à l'élection présidentielle argentine Daniel Scioli salue ses partisans après avoir voté

Il faudra un second tour, une première dans l'histoire des présidentielles en Argentine, pour départager Daniel Scioli, le candidat de centre-gauche soutenu par la présidente sortante Cristina Kirchner, et le maire conservateur de Buenos Aires Mauricio Macri.

Après le dépouillement de 72% des bureaux de vote, Mauricio Macri est en tête avec 35,91% des voix, devant Daniel Scioli avec 35,01%, une tendance qui devrait s'inverser, seulement 40% des votes ayant été pris en compte dans la province de Buenos Aires, fief de M. Scioli, qui concentre 37% de l'électorat du pays. Le second tour aura lieu dans quatre semaines, le 22 novembre.

Mauricio Macri, historiquement fort dans la capitale, progresse dans tout le pays au détriment du Front pour la victoire (FPV), la coalition de gauche au pouvoir depuis 2003. Les derniers sondages, une semaine avant l'élection, annonçaient une avance d'environ 10 points en faveur de M. Scioli sur M. Macri.

Les résultats officiels diffusés dans la nuit de dimanche à lundi placent en troisième position (21,14%) le député Sergio Massa, dissident kirchnériste, devant la candidate de gauche Margarita Stolbizer (3,4%), le trotskyste Nicolas Del Cano (2,7%) et le péroniste Adolfo Rodriguez Saa (1,8%).

- 'Aucune révolution'-

Daniel Scioli, 58 ans, se présente comme un centriste conciliateur, alors que Cristina Kirchner a gouverné durant ses deux mandats en concentrant les pouvoirs dans un style conflictuel.

"Je ne propose aucune révolution. Je maintiendrai ce qu'il faut maintenir, je changerai ce qu'il faut changer et je corrigerai ce qu'il faut corriger", a promis cette semaine Daniel Scioli, gouverneur de la province de Buenos Aires, qui rassemble près de 40% de l'électorat.

Mauricio Macri, 56 ans, a déclaré en votant qu'il faudrait attendre que "25 à 30% des bulletins de votes soient comptabilisés pour voir émerger une tendance".

Le candidat conservateur rejette en bloc la politique menée par les Kirchner, même s'il a dû mettre de l'eau dans son vin et annoncer le maintien de certaines aides sociales très populaires auprès d'une majorité d'Argentins. Ancien président du club de football de Boca Juniors, qu'il a conduit à tous les succès, il a le soutien des milieux d'affaires.

cristina kirchner

Cristina Kirchner : "nous laissons un pays normalisé"

L'ancien président de 1999 à 2001, Fernando De La Rua, a confié à l'AFP qu'il "regrettait que Macri et Massa n'aient pas trouvé un terrain d'entente pour unir leurs forces", seule formule selon lui pour mettre en échec la coalition péroniste.

Cristina Kirchner a dit quitter la présidence avec le sentiment du devoir accompli. "Nous avons tenu notre promesse : nous laissons un pays normalisé", a-t-elle assuré, sous-entendant que les Kirchner ont redressé l'Argentine, à genoux à l'issue de la crise économique de 2001/2002.

Les opposants ne partagent pas ce diagnostic et mettent en avant que les politiques protectionnistes ont conduit l'Argentine dans une impasse, avec une économie au ralenti depuis deux ans, une inflation qui oscille entre 20 et 25% depuis huit ans, et un déficit budgétaire de 6%.

Pour la première fois depuis 2003, il n'y avait pas de candidat Kirchner à la présidence, mais le fils du couple présidentiel, 38 ans, est candidat à la députation pour le FPV.

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