MAROC
26/10/2015 07h:43 CET

Japon: Une envoyée spéciale de l'ONU demande l'interdiction des mangas pédopornographiques

Japon: Une envoyée spéciale de l'ONU demande l'interdiction des mangas pédopornographiques
AFP
Japon: Une envoyée spéciale de l'ONU demande l'interdiction des mangas pédopornographiques

OBSCÉNITÉ - Une envoyée spéciale de l'ONU au Japon a souhaité lundi qu'y soient interdits les mangas et autres illustrations à caractère sexuel impliquant des mineurs, contenus qui ne tombent toujours pas sous le coup de la loi contre la pédopornographie.

Bien qu'ayant salué les récentes évolutions législatives qui, outre la distribution, punissent aussi désormais la simple possession de photos et vidéos pornographiques de mineurs, Maud de Boer-Buquicchio a regretté que les autorités japonaises ne soient pas allées jusqu'à prohiber les dessins, animations et images de synthèse obscènes mettant en scène des enfants.

Car la nouvelle législation entrée en vigueur l'année dernière exclut ces contenus où les personnages sont dessinés et non pris en photo ni filmés. Même virtuels, "les contenus pédopornographiques extrêmes devraient être interdits", a plaidé Mme de Boer-Buquicchio, rapporteur spécial de l'ONU sur le trafic d'enfants, la prostitution infantile et la pornographie impliquant des mineurs.

Elle s'exprimait devant la presse à Tokyo après un séjour d'une semaine au Japon où elle a pu faire un nouvel examen de la situation. Tout en se disant consciente de "la difficulté à trouver le bon équilibre" entre la liberté d'expression et la nécessité de protéger les enfants, elle a jugé qu'il convenait de ne plus autoriser les graphismes les plus abjects.

La grande majorité des dessinateurs de mangas et créateurs de dessins animés se sont toujours opposés à une interdiction des bandes dessinées et animations mettant en scène une forme de sexualité infantile, arguant de la difficulté à définir ce qui relève effectivement ou non de la pédopornographie.

L'industrie pornographique est florissante au Japon et l'omniprésence d'images à caractère sexuel y est rapidement remarquée par les touristes. L'an passé, 1.828 cas de pédopornographie ont été relevés impliquant un total de 746 enfants, des nombres records dans les deux cas, selon les données des autorités nippones.

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