MAGHREB
25/10/2015 11h:31 CET | Actualisé 26/10/2015 09h:03 CET

Suite aux morts suspectes de deux hommes arrêtés par les forces de l'ordre, HRW demande l'ouverture d'une enquête

Ministère de l'intérieur
Wikicommons
Ministère de l'intérieur

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a réclamé dimanche à la Tunisie une enquête "minutieuse et impartiale" sur la mort "dans des circonstances suspectes" de deux hommes arrêtés par les forces de l'ordre.

"Les familles ont fourni des photographies montrant des ecchymoses sur les visages et les corps" des deux hommes, Sofiane Dridi et Qaïs Berrhouma, et déclaré que "les autorités ne les ont pas informées immédiatement de leur décès", a indiqué l'ONG basée à New York.

La famille a trouvé la dépouille de Sofiane Dridi à la morgue de l'hôpital Charles Nicole à Tunis le 18 septembre, soit sept jours après son arrestation par la police lors d'un contrôle de passeport à l'aéroport de Tunis-Carthage, poursuit l'organisation.

"Ni l'administration pénitentiaire ni la police n'avaient informé la famille de son décès", précise l'ONG.

La justice avait fixé au 18 septembre le procès de M. Dridi, selon HRW mais il est décédé le 17 septembre et son corps a été rendu deux jours plus tard à sa famille.

"Sofiane était diabétique, il est mort d'une crise cardiaque", a affirmé à la télévision le porte-parole de la prison où il était détenu, Ridha Zaghdoudi.

La justice a ouvert une enquête sur sa mort, selon HRW.

Par ailleurs, un autre homme, arrêté le 5 octobre par la brigade antidrogue, Qaïs Berrhouma, a également été retrouvé par sa famille à la morgue de l'hôpital Charles Nicole quelques jours après son arrestation.

Des témoins ont déclaré à l'ONG que l'homme de 36 ans avait été roué de coups "violents" lors de son interpellation.

"La crédibilité du système judiciaire tunisien prendra un grand coup s'il ne peut pas expliquer comment et pourquoi ces deux personnes sont mortes", a estimé Amna Guellali, représentante de HRW à Tunis.

"La torture par des policiers de suspects en garde à vue ou en détention reste un problème en Tunisie", avait affirmé en mai l'organisation après la mort d'un détenu.

Le rapporteur des Nations unies sur la torture, Juan E. Méndez, avait affirmé l'an dernier que cette pratique largement répandue sous le dictateur Zine El Abidine Ben Ali persistait en Tunisie malgré la volonté affichée des autorités d'y mettre fin.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Maghreb sur notre page Facebook.