MAROC
24/10/2015 10h:08 CET | Actualisé 24/10/2015 11h:59 CET

Casablanca Finance City Authority et Paris EUROPLACE présentent leur rapport

FINANCE - C’est dans le cadre du somptueux Palais du Méchouar à Casablanca que des personnalités issues du monde de la Finance se sont réunies vendredi matin. Une rencontre internationale très attendue qui avait pour objectif de présenter le rapport sur la "désintermédiation du financement des entreprises en Afrique", issu de la collaboration entre Casablanca Finance City Authority et Paris Europlace, association qui a pour but de défendre les intérêts de la place financière parisienne. Un enjeu majeur pour le continent à l'heure où seulement 22 % des entreprises africaines ont obtenu un prêt ou une ligne de crédit comparé à une moyenne mondiale située à 48 %.

Une matinée riche de débats qui a réuni banquiers, opérateurs de fonds internationaux, régulateurs ainsi que des représentants des bourses du continent et mis l’accent sur l’importance de trouver des sources de financement alternatives au financement bancaire pour les entreprises du continent.

"La priorité sera de capter l’épargne institutionnelle, domestique et internationale et de l’orienter vers des marchés financiers qui atteignent la taille critique, soumis à une régulation aux standards internationaux, plus liquides et offrant des instruments financiers diversifiés", a déclaré à cet effet Saïd Ibrahimi, CEO de Casablanca Finance City Authority, qui a ouvert une série de débats destinés d’une part à dresser l’état des lieux du processus de désintermédiation en Afrique et d’autre part mettre en lumière les recommandations issues de ce partenariat franco-marocain.

casablanca finance city

Des propositions qui s’articulent sur deux niveaux. En premier lieu, au niveau continental, en soulignant l’importance de l’intégration financière et de la création de véhicules de financement panafricains. "Il faut asseoir une zone de libre-échange au niveau régional", a souligné à cet égard Mohamed El Kettani, Président du groupe Attijariwafa bank, qui a également insisté sur le rôle fondamental de la confiance: "Je crois qu’il faut qu’on arrive à conforter la confiance entre les différents intervenants, entre les Etats, les Institutions de régulation, les opérateurs bancaires, et les représentants des entreprises et les représentants des consommateurs", a-t-il précisé.

En second lieu, au niveau des pays, avec pour objectif de développer les marchés financiers africains et d’attirer les investisseurs et les entreprises vers les marchés. "On a besoin de développer la désintermédiation, mais il faut partir du constat qu'aujourd’hui, l’essentiel du financement en Afrique est intermédié, il provient des banques, il y a véritablement toute une opportunité de développement du financement intermédié et à côté de cela, l’opportunité de développer le financement désintermédié", a précisé Saïd Ibrahimi.

Cet événement témoigne également de la volonté de Paris Europlace d’accélérer ses relations avec l’Afrique. "Notre souhait, c’est d’essayer de relancer la présence française pour la rendre plus forte, non seulement dans le secteur bancaire classique mais justement dans ces nouveaux secteurs qui se développent, le capital investissement, sur la gestion d’actifs, sur l’assurance qui est également très présente en Afrique, de manière à consolider et développer à nouveau cette présence française ici", a souligné Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace.

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