ALGÉRIE
22/10/2015 11h:28 CET | Actualisé 22/10/2015 11h:28 CET

Après les bombardements, Moscou passe à l'offensive diplomatique en Syrie

In this photo taken on Tuesday, Oct. 20, 2015, Russian President Vladimir Putin, center, shakes hand with Syrian President Bashar Assad as Russian Foreign Minister Sergey Lavrov, right, looks on in the Kremlin in Moscow, Russia. President Bashar Assad was in Moscow, in his first known trip abroad since the war broke out in Syria in 2011, to meet his strongest ally Russian leader Vladimir Putin. The two leaders stressed that the military operations in Syria_ in which Moscow is the latest and most
ASSOCIATED PRESS
In this photo taken on Tuesday, Oct. 20, 2015, Russian President Vladimir Putin, center, shakes hand with Syrian President Bashar Assad as Russian Foreign Minister Sergey Lavrov, right, looks on in the Kremlin in Moscow, Russia. President Bashar Assad was in Moscow, in his first known trip abroad since the war broke out in Syria in 2011, to meet his strongest ally Russian leader Vladimir Putin. The two leaders stressed that the military operations in Syria_ in which Moscow is the latest and most

Après plus de trois semaines de bombardements de l'aviation russe en Syrie, Vladimir Poutine passe à l'offensive sur le front diplomatique et politique, recevant Bachar al-Assad avant de réunir les plus farouches adversaires du régime syrien pour des pourparlers à Vienne vendredi.

Le calendrier syrien semble s’accélérer après plus de quatre ans d'une guerre dévastatrice: en moins d'un mois, la Russie s'est lancée dans une campagne aérienne de soutien aux forces loyales au président syrien et a reçu ce dernier pour sa toute première sortie officielle hors de Syrie depuis le début du conflit. Il est désormais temps pour le Kremlin de passer à la phase suivante: le processus politique.

Vendredi, Vienne accueillera ainsi les chefs de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et américaine John Kerry, mais surtout le Saoudien Adel al-Jubeir et le Turc Feridun Sinirlioglu, représentants des pays les plus hostiles au maintien au pouvoir de Bachar al-Assad.

La diplomatie russe a dit y attendre "de la vérité, de l'honnêteté et de la probité" pour un "échange d'opinions objectif" sur l'instauration du processus politique. M. Lavrov insiste sur la nécessité d'impliquer également l'Iran, l'Egypte, le Qatar, les Émirats Arabes Unis et la Jordanie dans le règlement du conflit.

Téhéran, autre fidèle allié du régime de Damas, n'a pourtant pas été convié à la réunion de Vienne.

Place au "processus politique"

Moscou l'a affirmé à plusieurs reprises: après les opérations militaires doit venir le temps du "processus politique", autrement dit une négociation sur l'avenir politique du pays.

La Russie insiste depuis le début sur la nécessité de maintenir Bachar al-Assad dans ses fonctions jusqu'à la fin d'une période de transition permettant l'émergence d'un nouveau pouvoir.

Mais dans cette négociation, il y a une ligne rouge pour la Russie. Selon un diplomate européen qui a assisté à des rencontres entre Vladimir Poutine et les Occidentaux, le président russe ne veut pas que son allié de longue date quitte le pouvoir dans le chaos et l'humiliation, subissant le même sort que Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi.

Pour leur part, Occidentaux, Turcs et Arabes ont longtemps estimé que le départ d'Assad était le préalable à tout processus politique. Mais sur cette épineuse question, les lignes pourraient bouger dans la capitale autrichienne.

Cette réunion se tiendra trois jours à peine après une visite surprise de Bachar al-Assad au Kremlin. A Damas, le quotidien syrien Al-Watan, proche du pouvoir, a salué une "visite exceptionnelle" qui a consolidé l'alliance russo-syrienne et confirmé la "légitimité" de Bachar al-Assad.

Mais cette rencontre, à laquelle le président syrien est venu accompagné seulement d'un secrétaire, a laissé une autre impression: elle ressemblait plus à une convocation qu'à une invitation.

LIRE AUSSI: Bachar al-Assad a rencontré Vladimir Poutine à Moscou mardi soir

Assouplissement des positions

"Poutine espère que son intervention va finir par forcer les pays qui soutiennent l'opposition syrienne à arriver à une forme de compromis avec ce qui reste du régime", affirme Jeremy Binnie de la revue de défense IHS Jane's Defence Weekly.

Car les positions sur le sort à réserver au président syrien ne sont plus aussi figées que par le passé après plus d'un an de bombardements aériens de la coalition internationale contre le groupe État islamique (EI), aux maigres succès.

Un ministre saoudien, dont le pays soutient des groupes rebelles en Syrie, reconnaissait lundi que Bachar al-Assad pourrait rester au pouvoir pendant la formation d'un gouvernement de transition. La Turquie, autre adversaire du régime de Damas, a également amorcé une inflexion le mois dernier en jugeant pour la première fois "possible" un processus de transition avec Bachar al-Assad.

Washington pour sa part concédait déjà en septembre que le calendrier de la sortie d'Assad était négociable.

De l'autre côté de l'échiquier géopolitique, l'Iran a également lâché du lest en affirmant qu'il "ne travaille pas à maintenir Assad au pouvoir pour toujours".

Parallèlement, Moscou continue de consulter tous les acteurs syriens de la crise. Avant les premières frappes russes en Syrie, la Russie avait déjà accueilli deux cycles de négociations entre le régime et l'opposition tolérée, mais peu représentative, qui n'ont abouti à aucune solution concrète.

Début octobre, elle assurait aussi être prête à établir des contacts avec l'Armée syrienne libre (ASL), principal groupe armé syrien modéré, en appelant au rassemblement de "l'opposition patriotique" contre les jihadistes. Mercredi, Moscou a en outre accueilli des représentants des Kurdes de Syrie.

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