MAROC
22/10/2015 12h:08 CET | Actualisé 26/10/2015 15h:14 CET

Ce qu'a dit Abdelilah Benkirane lors de son interview avec la chaîne allemande DW

POLITIQUE - Abdelilah Benkirane a accordé une interview de 45 minutes à la version arabe de la chaîne allemande DW. Dans cet entretien diffusé le 21 octobre, le Chef du gouvernement est notamment revenu sur le score du Parti justice et développement (PJD) lors des dernières élections communales et régionales, les rapports entre sa formation politique et les autres partis, ainsi que sur les priorités de son gouvernement à mois d'un an des prochaines législatives.

"Hamid Chabat est en fin de carrière"

Questionné au sujet des relations du PJD avec le Parti de l’Istiqlal (PI), le Chef du gouvernement a assuré qu’il n’y avait jamais eu de réels soucis entre les deux partis. "L’Istiqlal est le grand frère du PJD. Nous avons les mêmes références idéologiques", a souligné Benkirane. "Avec l’affaiblissement de Chabat dans le parti, les relations entre nos deux formations politiques devraient logiquement se normaliser", a confié le secrétaire général du PJD. Hamid Chabat serait "en fin de carrière", selon Benkirane.

"Nous sommes une grande famille"

En ce qui concerne ses relations avec les dirigeants du Parti authenticité et modernité (PAM), le Chef du gouvernement a affirmé que les hommes politiques au Maroc représentaient une "grande famille". "Il nous arrive d’être en conflit mais les relations humaines ne se rompent jamais", a-t-il déclaré.

"Le secrétaire général du PAM, Mustapha Bakkoury est d’ailleurs un homme bon que j’apprécie beaucoup. Nous avons de bons rapports. Le jour où il a été élu à la tête de son parti, j’ai été triste de devoir être confronté à lui vu la grande différence entre les deux formations politique au niveau idéologique", a assuré Benkirane.

"Le chemin vers la démocratie est long"

Etonnée de voir le PAM diriger des régions où le PJD avait obtenu plus de voix pendant les communales, la journaliste Dima Tahrini interpelle le Chef du gouvernement sur cette question. Abdelilah Benkirane se désole de cette situation et confie que le "chemin vers la démocratie est encore long". Il poursuit : "Nous avons beaucoup avancé, mais ce n'est pas fini.... Les lois doivent être revues et améliorées pour qu’on ne tombe plus dans ces schémas illogiques".

Concernant le rôle du roi dans la vie politique au Maroc, le Chef du gouvernement assure que le souverain a "la responsabilité de garantir le bon fonctionnement du processus démocratique et des institutions". Il agit également pour qu’il n’y ait pas de crises politiques, selon Abdelilah Benkirane.

"Ambition ne rime pas avec domination"

Sur les ambitions de son parti, le patron du PJD dit travailler pour que sa formation politique remporte les élections. Une mission accomplie pour Abdelilah Benkirane qui a rappelé que son parti avait réalisé d’excellents scores lors du dernier scrutin. Le PJD était en effet le premier en nombre de voix et le premier dans les grandes villes du royaume. Le Chef du gouvernement dit cependant qu’il n’a pas l’ambition de dominer la scène politique. "Malheureusement, nos opposants nous aident à devenir plus puissants en nous attaquant véhémentement sans raisons", a-t-il poursuivi.

"La diplomatie externe est une prérogative royale"

A quelques mois de la fin de son mandat, le Chef du gouvernement a exprimé les priorités du gouvernement : "Nous nous concentrerons principalement sur la question des réforme des retraites que j’ai promis de régler avant la fin de mon mandat. Nous travaillerons également à baisser le budget que l’Etat injectait dans la caisse de compensation pour investir cet argent dans la construction d’hôpitaux et pour venir en aide aux personnes en situation de handicaps", a confié Benkirane.

Au sujet des dissensions entre le Maroc et l'Algérie, Abdelilah Benkirane a affirmé que la balle était dans le camp de nos voisins."De notre côté, les frontières sont ouvertes. De notre côté, les Algériens peuvent venir au Maroc sans visa. De leur côté, le Marocain ne peut aller en Algérie que s'il a un visa et les frontières sont fermées", a affirmé le Chef du gouvernement. Sauf que cela est faux.

De fait, les Marocains peuvent se rendre par voie aérienne en Algérie sans visa, et ce depuis 2005, comme nous le confirme l'ambassade algérienne au Maroc.

Enfin, sur les questions internationales, Benkirane n’a pas donné beaucoup d’éléments de réponse à la journaliste. Il a quand même tenu à préciser que la diplomatie externe est l’apanage du roi, qui "est la seule personne pouvant dessiner les orientations stratégiques du pays".