MAGHREB
21/10/2015 07h:45 CET | Actualisé 21/10/2015 08h:22 CET

Tunisie - "Affaire classée": Klay BBJ est libéré après avoir refusé "de subir un test de dépistage", selon son avocat (VIDÉO)

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Posté par ‎Tunisian Girl بنية تونسية Lina Ben Mhenni‎ sur mercredi 21 octobre 2015

Le célèbre rappeur tunisien Ahmed ben Ahmed, alias Klay BBJ, qui avait été interpellé samedi sur des accusations de "détention et consommation" de cannabis, a été libéré mercredi et son dossier classé sans suite, a indiqué à l'AFP son avocat.

"Il vient d'être libéré, au même titre que les deux autres personnes arrêtées avec lui, et l'affaire a été classée. Il est très heureux", a déclaré Me Ghazi Mrabet, selon qui des proches et quelques fans l'ont accueilli à sa sortie de la prison de Bouchoucha, dans la banlieue de Tunis.

D'après lui, le rappeur a refusé durant sa détention "de subir un test de dépistage" de consommation de drogue. "Le procureur s'est finalement contenté de consulter le dossier et a décidé de sa libération", a ajouté l'avocat.

Klay BBY, connu pour ses textes virulents envers les autorités, avait été interpellé samedi à Tunis dans des circonstances confuses alors qu'il s'apprêtait à se rendre à un concert à Hammamet (environ 60 km au sud de la capitale).

Le rappeur tunisien avait ensuite été placé en garde à vue et transféré à la maison d'arrêt de Bouchoucha en attendant sa comparution au tribunal. "Dans ce genre d'affaires, la plupart des prévenus sont incarcérés, c'est très fréquent", a affirmé Ghazi Mrabet au HuffPost Tunisie.

Cette interpellation avait eu lieu "sur requête du ministère public", d'après le chargé de communication du ministère de l'Intérieur, Walid Louguini, qui n'avait fourni aucune autre précision. Une source judiciaire avait pour sa part affirmé qu'elle était liée à "une affaire de stupéfiants", une accusation vivement contestée par le rappeur, selon Me Mrabet.

Controversée en Tunisie, la "loi 52" prévoit des peines de un an à cinq ans de prison pour consommation de cannabis.

Promulgué en 1992 du temps de la dictature, elle est notamment combattue par un collectif citoyen, "Al Sajin 52" ("Le Prisonnier 52"), qui estime qu'elle est utilisée pour réprimer la liberté d'expression, nombre d'artistes, notamment des rappeurs critiques des forces de l'ordre, ayant été emprisonnés sur cette base.

Selon des chiffres de l'ONU, plus de 50% des personnes en détention provisoire et environ un tiers des condamnés en prison en Tunisie ont été arrêtés en lien avec des affaires de stupéfiants, surtout de cannabis.

En 2013, le rappeur Klay BBJ avait été condamné en première instance à 21 mois puis six mois de prison, en compagnie d'un autre rappeur, Weld El 15, pour outrage à des fonctionnaires, atteinte aux bonnes mœurs et diffamation.

Ces affaires avaient entraîné une vive polémique, dans le contexte post-révolution de 2011. Les deux artistes avaient finalement été acquittés en appel.

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