MAROC
21/10/2015 07h:09 CET | Actualisé 21/10/2015 13h:03 CET

Un projet arabe de résolution sur les lieux saints de Jérusalem inquiète l'Unesco et met en colère Israel

Un groupe de pays du monde arabe, dont le  Maroc, déposent un texte à l'Unesco visant à rattacher le mur des lamentations à la mosquée al-Aqsa
AFP
Un groupe de pays du monde arabe, dont le Maroc, déposent un texte à l'Unesco visant à rattacher le mur des lamentations à la mosquée al-Aqsa

PALESTINE - Un groupe de pays arabes a soumis à l'Unesco un texte présentant le Mur des Lamentations à Jérusalem, révéré par les juifs, comme une "partie intégrante" du lieu saint musulman de l'Esplanade des Mosquées, qui inquiète la direction de l'agence onusienne et suscite la colère d'Israël.

"La place Al Buraq fait partie intégrante de la mosquée al-Aqsa", affirme une version provisoire de ce "projet de décision" du Conseil exécutif de l'Unesco, obtenue mardi par l'AFP

Présenté conjointement par le Maroc, l'Algérie, l'Egypte, les Emirats arabes unis, le Koweït, et la Tunisie, le texte doit être soumis mercredi ou jeudi aux votes des 58 pays membres du Conseil, selon des sources diplomatiques concordantes.

Dans une allusion à peine voilée à cette initiative, la patronne de l'Unesco, Irina Bokova, a marqué mardi sa réticence à son encontre.

"La directrice générale déplore les récentes propositions en cours de discussions par le Conseil exécutif (...) et qui pourraient être perçues comme des modifications au statut de la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts", a affirmé l'Unesco, dans un communiqué parvenu à la rédaction du HuffPost Maroc.

Elle "en appelle au Conseil" pour "prendre des décisions qui n'alimentent pas davantage les tensions sur le terrain et qui encouragent au respect du caractère sacré des lieux saints".

La démarche arabe, attribuée par Israël aux Palestiniens, a déclenché des réactions courroucées de l'Etat hébreu. Contactée par le HuffPost Maroc, la délégation palestinienne de l'Unesco n'a pas souhaité commenter cette information.

La vice-ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a dénoncé une "tentative honteuse et trompeuse de réécrire l'Histoire", reprochant au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de "poursuivre la tradition de mensonge de (son prédécesseur) Yasser Arafat".

Le ministère lui-même a indiqué s'être "engagé avec des Etats amis et avec des dirigeants de l'Unesco pour s'assurer que cette tentative palestinienne échoue".

La querelle des Lieux saints de l'islam et du judaïsme à Jérusalem a été la cause directe de certains des épisodes les plus violents du conflit israélo-palestinien depuis un siècle.

L'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam mais aussi site le plus sacré du judaïsme, passe pour un facteur primordial du regain actuel de violences entre les deux peuples.

L'emblématique dôme du Rocher qui s'y trouve se dresse sur le rocher d'où le prophète Mahomet serait monté au ciel sur sa jument ailée, al-Bouraq. Tout près se trouve la mosquée al-Aqsa qui donne souvent son nom à l'esplanade.

C'est à cet emplacement que le roi Salomon avait érigé son Temple, dont il ne reste trace, et les énormes pierres du Mur des Lamentations en contrebas sont le dernier vestige du second Temple érigé plusieurs siècles plus tard par le roi Hérode et détruit en l'an 70 par les Romains.

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