MAGHREB
20/10/2015 14h:40 CET | Actualisé 21/10/2015 17h:27 CET

Tunisie - Pourquoi il faut laisser une chance au Djerba Fest: Retour sur les trois jours de festival qui ont fait vibrer l'île de Djerba

Djerba Fest par Omar Sfayhi
Djerba Fest/ Omar Sfayhi
Djerba Fest par Omar Sfayhi

Sans détours, le Djerba Fest a eu beaucoup de difficultés à commencer. Le festival qui s'est tenu du 15 au 17 octobre à Djerba aura essuyé de nombreuses sueurs froides, entre les problèmes d'organisation, l'absence des festivaliers au lancement du festival et les surprises de dernières minutes.

Néanmoins, il aura réussi à rebondir avant de se lancer dans le tourbillon des festivités jusqu'au bout de la nuit.

Le HuffPost Tunisie vous propose de revenir sur les trois jours du Djerba Fest.

Les festivaliers ont boudé la scène chill

Le choix de l'emplacement de la scène chill (en face de la mer) aurait pu ravir les festivaliers, mais ils étaient aux abonnés absents. Pourtant le line-up était attractif!

Pourquoi les festivaliers ont-ils boudé cette scène?

Achref, festivalier estime que "le festivalier tunisien n'arrive pas à assimiler le fait qu'il soit possible de faire la fête à 14 heures de l'après-midi." "Et puis généralement, les after se terminent à 7 heures du matin, peu de personnes arrivent à se réveiller pour profiter de la scène chill", ajoute-t-il.

Pour Haze-M, DJ tunisien programmé sur cette scène, la scène chill "était de trop".

"Il y avait du vent parce qu'on était sur la plage, les festivaliers restaient un peu avant de rentrer. D'ailleurs, la scène et la sonorisation n'étaient pas au même endroit", déplore Haze-M.

Hamdi Ryder revient sur le choix de la plage comme emplacement de la scène: "En Tunisie, le dancefloor est toujours la dernière chose à laquelle on pense, pourtant c'est la chose la plus importante. C'est difficile de danser sur du sable, ça fatigue très rapidement." "La scène chill aurait dû être à côté du main stage", a-t-il dit.

Au cœur de Houmet Essouk, la scène pop

Anciennement Pop In Djerba, le Djerba Fest a voulu rester fidèle à l'esprit du festival originel. Le line-up proposait aux jeunes artistes tunisiens tels que Denya Okhra, Zied Bagga ou encore Najet Ounis de côtoyer Mounir Troudi, Yasmine Azaiez ou encore la Troupe de Stambeli de Sidi Abdesselem.

Tout ça gratuitement!

Pourtant le premier jour du festival, cette scène a également connu énormément de couacs au niveau de l'organisation.

Zieb Bagga, artiste tunisien, raconte au HuffPost Tunisie: "Un monsieur sorti de la mosquée en face de la scène pop s'est dirigé vers nous et a commencé à nous maudire parce qu'on jouait de la musique. On devait également adapter notre musique en fonction de l'heure de la prière. Je me suis senti en Iran."

C'est une des raisons qui ont poussé l'équipe de l'organisation à changer l'emplacement de la scène pop dès le deuxième jour. C'est El Fondouk qui a fini par accueillir les artistes tunisiens.

Les problèmes d'organisation du premier jour (notamment l'absence des organisateurs sur la scène pop) ont rapidement laissé place au rythme déchaîné du stambéli ou encore à la voix envoûtante de Najet Ounis.

Youssef Soltana, batteur de Moonshine Band dit que malgré le manque de communication des organisateurs pour prévenir les locaux de la tenue d'une scène pop à Houmet Essouk, "les artistes tunisiens sont là! Personnellement, je suis venu pour la musique et on ne peut pas comparer avec le premier jour, les conditions sont biens meilleures".

Le main stage a sauvé le festival

Il aura réussi à faire oublier tous les petits problèmes qu'a connu le festival. Au fil des journées, le nombre de festivaliers a largement augmenté. Le dernier jour, on pouvait compter plus de 1500 personnes.

Les sets de Dub Fire, Len Faki et Adriatique auront fait danser les festivaliers jusqu'à deux heures du matin.

Ahmed, festivalier et "amoureux de techno" s'est dit satisfait par le line-up du main stage.

"Vous savez, pour moi l'important ce n'est pas le nombre de festivaliers, mais la qualité du line-up. Adriatique fait mon bonheur."

Carl Craig, dernier DJ à passer a réussi à clore en beauté le festival avec une reprise de Seven Nation Army des White Stripes.

Es-tu satisfaite? Manel répond: "Plus que satisfaite! J'espère qu'il y aura une seconde édition."

Visuellement, Apachon, VJLY et Mogli Gligli auront réussi à ravir les festivaliers (qui ont vu Moncef Marzouki apparaître sur le mapping!).

Y-a-t-il des choses à améliorer? Oui! Mais malgré des débuts difficiles, le Festival a pris ses marques et mérite qu'on lui laisse une chance.

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