20/10/2015 06h:50 CET | Actualisé 20/10/2015 06h:50 CET

CFC News: La semaine économique et financière au lundi 19 octobre 2015

FINANCE – Grands projets d’infrastructures, acquisitions bancaires et mobilisation de fonds à destination de l’Afrique: Faites le tour de l’actualité économique et financière d’une Afrique émergente.

800 millions de dollars pour le nouveau port de transbordement de São Tomé-et-Príncipe

Le groupe China Harbour Engineering Company (CHEC) est officiellement en charge de la conception et de la construction du port de transbordement en eaux profondes de São Tomé-et-Príncipe après la signature du protocole d’accord avec le gouvernement de la petite île du Golfe de Guinée, selon un communiqué du gouvernement santoméen du 12 octobre.

Après avoir récemment annoncé la prise en charge des travaux du Port Autonome d’Abidjan, le groupe chinois sera responsable de l’ingénierie, de la conception et de la construction de ce nouveau port durant toutes ses phases.

«Le port sera construit en plusieurs phases, et l'achèvement de la première prévue pour 2018», précise le communiqué de São Tomé, qui indique que ce port «de classe mondiale et sera développé pour répondre aux besoins logistiques du Golfe de Guinée».

Selon la même source, la construction du port requiert un investissement global de 800 millions de dollars, dont 120 millions pris en charge par CHEC. Il sera construit au niveau de la commune de Fernão Dias, dans le district de Lobata, à 12 kilomètres au Nord de la capitale São Tomé. Le nouveau port devrait être opérationnel en 2019.

Créé en 1980, CHEC réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 5 milliards de dollars; le groupe compte plus de 10 000 employés à travers plus de 60 bureaux dans le monde.

L’opérateur rwandais Agaseke Bank devient Bank Of Africa-Rwanda

Dans un communiqué du 15 octobre, le groupe Bank Of Africa a annoncé que l’opérateur de microfinance rwandais Agaseke Bank devient Bank Of Africa-Rwanda suite à l’entrée à hauteur de 90% du groupe bancaire panafricain dans son capital. L’opérateur rwandais affiche un total de bilan de 14 millions de dollars et était jusque-là détenu par la compagnie Soras, leader du secteur de l’assurance au Rwanda.

L’acquisition devrait voir la transformation d’Agaseke Bank en banque commercial selon Bank Of Africa :

«Après lui avoir obtenu la licence de banque commerciale et avoir augmenté son capital à due concurrence, le groupe Bank Of Africa, avec l’appui et l’expertise de ses équipes centrales, transformera sa nouvelle filiale en banque commerciale de plein exercice et y implantera son business model dans le courant de l'année 2016, dans le but de devenir rapidement un acteur significatif du paysage bancaire rwandais », a déclaré le groupe bancaire dans son communiqué.

Le groupe BOA complète via cette dernière acquisition son implantation dans 19 pays dont 8 de la CEDEAO, 8 en Afrique de l’Est et dans l’Océan Indien (East African Community, Madagascar), la République Démocratique du Congo et la France.

Le groupe Bank Of Africa, majoritairement détenu par la banque marocaine BMCE Bank depuis 2010, a présenté au 31 décembre 2014 un total de bilan consolidé de 6 milliards d’euros et a enregistré à cette date un bénéfice net consolidé de 90 millions d’euros.

Les fonds de private equity ont quintuplé en Afrique subsaharienne depuis 2008

Les investissements des fonds de private equity s’élèvent actuellement à environ 12 milliards de dollars par an en Afrique susaharienne, soit 20% du total des investissements étrangers dans la région, selon une étude publiée le 13 octobre par le think tank britannique Overseas Development Institute (ODI).

L’étude ajoute que le secteur énergétique est tout particulièrement visé avec plus de la moitié des investissements réalisés par ces fonds depuis 2008 qui lui est dédiée. Blackstone, Denham Capital et Helios Partners constituent les principales firmes de private equity en termes d’investissements dans la région.

Toujours selon cette étude, le montant des investissements devrait s’élever à 5,4 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2015 contre 4,1 milliard de dollars en 2014 soit 31% d’augmentation. Cette rapide croissance de l’industrie du private equity en Afrique subsaharienne est due aux taux de rendement des investissements bien supérieurs à ceux des marchés développés du fait de la croissance rapide de la région.

Malgré cette mobilisation de fonds à destination de l’Afrique subsaharienne, l’étude souligne le manque d’opportunités d’investissement, les entreprises de la région étant souvent de taille limitée et manquant de ressources humaines qualifiées, ce qui entraîne un « surplus des fonds mobilisés ».

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