ALGÉRIE
20/10/2015 04h:39 CET | Actualisé 20/10/2015 04h:48 CET

Un enfant handicapé caché pendant 28 ans: mandat de dépôt pour un général à la retraite et son épouse

Into Darkness
Jarle Refsnes/flickr
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C'est une histoire terrible qu'on croirait sortie d’un roman destiné à faire pleurer dans les chaumières mais qui est pourtant vraie : un enfant souffrant d'un handicap lourd a été caché pendant 28 ans. Il a été remplacé par ses parents, un général à la retraite et son épouse, par un enfant adopté qui a grandi avec le nom de l'autre.

La chambre d'accusation du tribunal d'Alger, rapporte El Khabar, a décidé de placer le général à la retraite et son épouse en mandat de dépôt avec émission d'un mandat d'arrêt à leur encontre. Ils sont poursuivis notamment pour faux, usage de faux dans un document officiel.

Le fils biologique du couple a passé 28 ans séquestré dans sa chambre pendant qu'un autre enfant, adopté, vivait, sans le savoir, sous son nom. L'enfant adopté né hors mariage, ramené de l'hôpital Mustapha Bacha en 1986, s'est retrouvé? par le biais de faux, doté du nom de l'enfant handicapé que les parents - pour des raisons difficiles à comprendre - ont choisi de cacher à la vue du monde.

L'ADN face au déni

Le secret du couple, indique El Khabar qui rapporte l'information, a été éventé à la suite d'une dénonciation par le biais d'une lettre anonyme adressée au groupement de la gendarmerie de Bir Mourad Raïs. Une enquête a été déclenchée.

Le couple ainsi que l'enfant adoptif ont été entendus. Les parents à qui il a été demandé d'accepter une analyse ADN ont fini par reconnaître les faits.

La mère a indiqué au cours des différentes étapes de l'enquête qu'elle avait préféré garder le silence pour éviter que son enfant adoptif ne subisse les pressions de l'environnement. Elle a donc décidé, de concert avec son mari, de cacher l'enfant handicapé et de le remplacer par l'enfant adopté. Tous les documents d'état-civil de l'enfant adopté ont été établis frauduleusement.

Selon El Khabar, le général à la retraite a persisté dans le déni jusqu'à ce qu'il soit informé que des analyses ADN allaient être faites. L'enfant adopté a déclaré ignorer totalement ces faits et qu'il a été traumatisé d'apprendre que le nom qu'il portait était celui de son frère.

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