MAGHREB
19/10/2015 14h:24 CET

Tunisie: "Klay BBJ dénonce une machination policière qui le vise", affirme son avocat

FILE - In this Sept. 26, 2013 file photo, Tunisian rapper, Ahmed Ben Ahmed, known as Klay BBJ, left, is surrounded by supporters as he arrives at the court house in the coastal town of Hammamet, Tunisia. Tunisia’s youth are still feeling sidelined, and just like the days of dictatorship, one of the few ways they are getting their voices heard outside their towns and neighborhoods is through hip hop, shouting to anyone who will listen that all is not well in Tunisia. “People are still b
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this Sept. 26, 2013 file photo, Tunisian rapper, Ahmed Ben Ahmed, known as Klay BBJ, left, is surrounded by supporters as he arrives at the court house in the coastal town of Hammamet, Tunisia. Tunisia’s youth are still feeling sidelined, and just like the days of dictatorship, one of the few ways they are getting their voices heard outside their towns and neighborhoods is through hip hop, shouting to anyone who will listen that all is not well in Tunisia. “People are still b

Le rappeur Ahmed Ben Ahmed, alias Klay BBJ, arrêté samedi pour "détention et consommation de cannabis" a été transféré lundi matin au centre d'urgence médicale de Monfleury afin de subir un test de dépistage de cannabis, selon son avocat Ghazi Mrabet.

"Klay BBJ m'a assuré qu'il refuserait de se soumettre à ces analyses", a déclaré Me Mrabet au HuffPost Tunisie. Ce dernier n'était pas en mesure de le confirmer, n'ayant pu parler à son client qu'avant le transfert vers le centre.

"Klay dénonce une machination policière qui le vise. Innocent, il refuse de se soumettre à des analyses qui portent atteinte à son intégrité physique. De plus, il n' a pas confiance dans le processus de dépistage qu'il considère comme douteux. Légalement, il a le droit de refuser de subir ce test", a renchéri Ghazi Mrabet.

Klay BBJ a été arrêté samedi avec deux de ses amis dans son quartier alors qu'il s’apprêtait à se rendre à Hammamet pour un concert. "Une descente de policiers a eu lieu dans le quartier pour interpeller des suspects dans une affaire de droit commun. Klay BBJ, qui n'a rien à se reprocher, est soumis à un contrôle policier. Une altercation verbale a eu lien entre lui et les policiers. Ces derniers, trouvant un joint (cigarette de cannabis) par terre sur le lieu, l'ont arrêté pour détention et consommation de cannabis", a affirmé Ghazi Mrabet.

"Klay BBJ est victime d'un harcèlement policier depuis longtemps. À chaque fois qu'il est appelé pour un concert, les policiers font pression sur les organisateurs pour qu'ils annulent l’événement", a-t-il déploré.

En 2013, le rappeur Klay BBJ et le rappeur Weld El 15 ont été condamnés en première instance à 21 mois puis six mois de prison, pour outrage à des fonctionnaires, atteinte aux bonnes mœurs et diffamation avant d’être acquittés.

"Mais les policiers n'ont jamais oublié cette affaire, il est resté dans leur collimateur", a dénoncé l'avocat.

Lundi, le Parquet était injoignable et le porte-parole du ministère de la Justice a affirmé qu'il n'était pas en mesure de donner des informations sur cette affaire.

La loi n°52 de l'année 1992 relative à la consommation de stupéfiants prévoit une peine d'emprisonnement de 1 à 5 ans et une amende de 1000 à 3000 dinars pour "tout consommateur ou détenteur à usage de consommation personnelle de plantes ou de matières stupéfiantes".

Un collectif citoyen, "Al Sajin 52" ("Le Prisonnier 52"), considère que cette loi est un prétexte pour faire taire les artistes critiques envers des forces de l'ordre.

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