MAGHREB
19/10/2015 14h:07 CET

Tunisie: 80% des familles tunisiennes refusent le don d'organe d'un proche décédé ou en état de mort encéphalique

A Lebanese man, who suffers breathing problems caused by a sandstorm, breathes through an oxygen mask as he receives treatment by a doctor, in the Bekaa valley, eastern Lebanon, Tuesday, Sept. 8, 2015. The unseasonal sandstorm hit Lebanon and Syria, covering Beirut and Damascus with a blanket of yellow dust on Tuesday, sending hundreds of people to hospitals with breathing difficulties and causing the deaths of two women, officials said. (AP Photo/Bilal Hussein)
ASSOCIATED PRESS
A Lebanese man, who suffers breathing problems caused by a sandstorm, breathes through an oxygen mask as he receives treatment by a doctor, in the Bekaa valley, eastern Lebanon, Tuesday, Sept. 8, 2015. The unseasonal sandstorm hit Lebanon and Syria, covering Beirut and Damascus with a blanket of yellow dust on Tuesday, sending hundreds of people to hospitals with breathing difficulties and causing the deaths of two women, officials said. (AP Photo/Bilal Hussein)

80% des familles tunisiennes refusent le don d’organe d’un proche décédé ou en état de mort encéphalique, c’est le chiffre dévoilé par le Centre National pour la Promotion de la Transplantation d’Organes (CNPTO), le 17 octobre, journée mondiale du don d’organe et de la greffe.

Le centre, sous tutelle du ministère de la Santé, est chargé d’accompagner les personnes en attente de greffe ainsi que la promotion du don d’organe qui est réglementé par la loi n° 91-22 du 25 mars 1991 relative au prélèvement et à la greffe d'organes.

Rafika Bardi, directrice du CNPTO et professeure d’immunologie à la faculté de Médecine de Tunis ne cache pas "sa colère" et "sa déception" face au manque de donneurs d’organes. Elle explique au HuffPost Tunisie les obstacles rencontrés au CNPTO.

Combien de malades sont en attente d'un don d'organe et quel est le nombre de personnes qui ont exprimé leur souhait de faire un don d'organes?

1325 de malades sont en attente d'un rein, entre 100 et 200 en attente d’un foie, 50 malades en attente d’un cœur chaque année et 54 malades sur la liste d'attente pour une transplantation pulmonaire.

Face à cette longue liste d’attente, et alors que certains de ces malades meurent entretemps, le nombre de donneurs fait défaut. L’écrasante majorité des familles refusent de faire un don d’organe d’un proche décédé ou en état de mort encéphalique. 10.000 à 15.000 mille seulement de Tunisiens ont exprimé de leur vivant leur souhait de faire un don d’organes.

Pire encore, on régresse sur ce plan, on est revenu à 30 ans en arrière en la matière car les refus de faire un don sont de plus en plus fréquents. C’est révoltant.

Comment vous expliquez ce refus?

Les Tunisiens ne sont pas assez sensibilisés sur cette question. On en parle rarement dans les médias par exemple.

Des motifs religieux sont aussi souvent évoqués pour justifier le refus de faire un don d’organes. L’élément culturel joue pour beaucoup.

Il y a aussi la peur, le manque de confiance face aux rumeurs qui circulent sur ce sujet, les gens croient qu’il existe un trafic juteux, une mafia derrière ça. Ils pensent qu’on va porter atteinte à l’intégrité physique du donneur, qu’on va le dénaturer. Or le don d’organe est bien réglementé par la loi, on suit des normes bien précises, le dossier du donneur est soumis à un conseil scientifique et examiné par des commissions spécialisées dans le cadre de la transparence totale.

Comment comptez-vous remédier à ce problème?

Une campagne de sensibilisation sur le don d’organes a commencé le 17 octobre. Nous avouons que nous sommes en partie responsables de la désinformation autour du sujet car on ne communique pas assez.

Afin d’y remédier, une compagne de sensibilisation destinée aux citoyens et aux personnels médical va débuter prochainement.

Nous comptons sur l'appui des associations qui œuvrent en la matière. Nous souhaitons également que les malades en attente d’un don s’expriment publiquement, ceci contribuera à faire prendre conscience de leur calvaire.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.