MAROC
19/10/2015 12h:42 CET | Actualisé 19/10/2015 13h:19 CET

Royal Air Maroc: Driss Benhima affiche les ambitions africaines de la compagnie

RAM, Driss Benhima, aviation marocaine
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RAM, Driss Benhima, aviation marocaine

AÉRIEN - Dans une longue interview accordée au magazine Jeune Afrique, le PDG de la Royal Air Maroc, Driss Benhima, dévoile les projets d’expansion de la compagnie aérienne nationale, première en Afrique de l’ouest. Morceaux choisis.

Pour M. Benhima, à la tête de la compagnie depuis 2006, le continent africain qui représente déjà "un bon tiers" du volume d’affaires de la RAM doit être son principal "terrain de croissance", et un tremplin vers l'Asie. Partenariat avec Qatar Airways, desserte prochaine de Nairobi au Kenya… La RAM entend ainsi s'implanter en Afrique de l'Est et couvrir l’axe Afrique-Asie qui "grandit de façon plus nette" que les axes traditionnels.

"Ces dernières années, nous avons investi dans le long-courrier, nous estimons donc avoir les moyens d’aller sur ce terrain", indique le PDG, qui explique que "la croissance des échanges de l’économie marocaine avec son continent ainsi que la présence d’acteurs privés marocains dans certains pays d’Afrique de l’Est nécessitent l’ouverture de lignes qui vont au-delà de nos territoires classiques".

Concernant les relations souvent conflictuelles entre la compagnie et les voyageurs africains, qui se plaignent de la mauvaise gestion et de discriminations à bord ou dans les aéroports, le PDG se veut rassurant. "Les problèmes de discrimination ont été dépassés", estime-t-il, ajoutant que la compagnie compte désormais sur "la présence croissante dans (leurs) équipes de jeunes Subsahariens".

Sang-froid

La position de la RAM pendant l’épidémie du virus Ebola (la compagnie avait continué à assurer ses vols dans les pays touchés) lui a également permis de redorer son blason. "La RAM n’arrête d’aller dans un aéroport que s’il y a une interdiction administrative. (…) Il y a une attitude marocaine qui fait que nous gardons notre sang-froid quand les autres s’en vont. C’est dans les traditions de la RAM, cela fait partie de notre ADN", estime M. Benhima.

Malgré ses bonnes intentions, la compagnie doit néanmoins faire face à une très faible rentabilité suite à de lourds investissements, et à une concurrence rude des compagnies low cost européennes ou des compagnies du Golfe. "Les comptes s’équilibrent certes, mais il y a encore des menaces de fond sur la survie de la compagnie", précise le PDG.

"Beaucoup de compagnies concurrentes sont dans des paradis fiscaux, quand nous, nous sommes tenus par les règles fiscales strictes du Maroc. Sans parler des contraintes administratives qui nous empêchent d’être un acteur du marché européen", rappelle-t-il, estimant que la RAM devrait être mise "sur un pied d’égalité avec les compagnies européennes et arabes sur les plans social, fiscal et administratif".