MAGHREB
18/10/2015 12h:33 CET | Actualisé 18/10/2015 12h:35 CET

Suisse: Une poussée de la droite aux élections législatives

Pedestrians pass by an election poster from the nationalist Swiss People’s Party, demanding a stop for immigration to Switzerland at the train station in Geneva, Switzerland, Friday, Feb. 7, 2014. Swiss voters are being asked to decide on a proposal Feb. 9, 2014 to cap immigration to the Alpine republic, a long-standing demand of Switzerland’s most powerful party. (AP Photo/Anja Niedringhaus)
ASSOCIATED PRESS
Pedestrians pass by an election poster from the nationalist Swiss People’s Party, demanding a stop for immigration to Switzerland at the train station in Geneva, Switzerland, Friday, Feb. 7, 2014. Swiss voters are being asked to decide on a proposal Feb. 9, 2014 to cap immigration to the Alpine republic, a long-standing demand of Switzerland’s most powerful party. (AP Photo/Anja Niedringhaus)

Une poussée de la droite aux élections législatives semblait se confirmer dimanche en Suisse selon les premières tendances après la clôture du vote, la question de l'immigration ayant constitué la première préoccupation des électeurs.

Ces tendances pour deux cantons de la Suisse alémanique, l'Argovie et les Grisons, confirment ce qu'annonçaient les sondages, une avancée en voix de 2 à 4% au total des deux formations de la droite, l'UDC populiste anti-européen et anti immigration et le PLR, des libéraux qui défendent les relations avec l'Union Européenne et une solidarité contrôlée devant la crise des migrants.

Le vote par correspondance, adopté par la plupart des électeurs, était ouvert depuis deux semaines. Les bureaux de vote ont été accessibles seulement dans la matinée dimanche et le scrutin a clos à midi (10H00 GMT).

"A voir l’évolution du monde en ce moment je pense qu’il y a des enjeux très importants ne serait-ce que l'accueil des réfugiés, (...) et chez nous on a peut-être un peu de la peine à les recevoir donc il faudra quand même avoir des gens (au Parlement, ndlr) qui sont près à discuter, à trouver des solutions", a déclaré à l'AFP dans un bureau de vote à Fribourg Colette Morel, une retraitée, dans cette région dominée par la gauche.

"On est quand même des nantis. Je crois qu’il faut un peu de partage", estime-t-elle.

"Immigration contrôlée"

Les questions de l'asile et de l'immigration constituent la "première priorité" à traiter pour 48% des sondés par l'institut gfs.bern, loin devant les relations avec l'Union européenne, priorité pour seulement 9% des sondés.

"Nous voulons une immigration contrôlée (...)Pas question de surcharger les finances publiques et le budget social en ouvrant toutes grandes les frontières, quand tant de jeunes ici restent sur le carreau", avait résumé Roger Golay, élu sortant candidat à Genève où il préside le MCG, le Mouvement des citoyens genevois, une petite formation de la droite populiste qui entretient des relations avec le Front national, l’extrême-droite française.

Les sondages avaient indiqué que les partis de droite, les libéraux du parti libéral radical (PLR-16,9% des intentions de vote) et les populistes de l'Union démocratique du centre (UDC-28% des intentions de vote), premier parti de Suisse, devraient sortir renforcés par ce scrutin.

Le deuxième parti du pays, le parti socialiste (PS), arriverait à se maintenir avec 19,3% des intentions de vote.

Les petits partis du centre et les verts-libéraux payent ce virage à droite, ils devraient perdre des voix et des sièges.

Pour sa campagne, l'UDC qui s'est choisi comme slogan "rester libres", n'a pas hésité à recourir aux photos montages avec des photos de femmes en burka avec pour légende "Islam bientôt chez nous?".

L'affiche la plus radicale revient aussi aux jeunes UDC du Canton de Vaud avec une caricature de jihadiste portant un brassard UE, sur fond le drapeau de l'Union européenne, qui s'apprête à décapiter une jeune blonde baillonée vêtue d'un drapeau suisse. "Gardez la tête sur les épaules", clame l'affiche "votez pour la liste UDC".

La spécificité de la démocratie suisse reste cependant le multipartisme qui permet à sept partis d'être représentés parmi les 200 élus à la proportionelle dans chaque Canton pour le Conseil National, la chambre basse du parlement. Ce système suscite une large adhésion.

"La Suisse va très bien en fait, il y a toujours des choses à améliorer, je trouve que l'éducation, la sécurité que nous avons sont importantes. Oui on peut toujours améliorer mais on se sent bien en Suisse", a résumé pour l'AFP Marguerite Guisolan, une retraitée à Fribourg.

"Votez femmes"

Cinq partis cohabitent au gouvernement qui compte sept ministres au total. Cette cohabitation particulière au sein de l'exécutif obéit à ce qui a été baptisé "la formule magique", une répartition des portefeuilles entre les partis.

Toutes les décisions font l'objet de compromis et de consensus grâce à des majorités à géométrie variable selon les sujets.

Alors que trois femmes siègent au gouvernement avec quatre hommes et que l'une d'elle, la ministre de la justice et de la police Simonetta Sommaruga, assure cette année la présidence tournante de la Confédération, les femmes s’inquiètent de leur sous-représentation. Elles ont soutenu une campagne "Votez femmes" qui est restée plutôt inaperçue.

La part des candidates sur les listes pour le Conseil National n'a pas évolué depuis vingt ans, elle est en moyenne de 34,5%, avec quelques écarts selon le conservatisme des Cantons.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.