MAGHREB
18/10/2015 09h:36 CET

Tunisie: Le rappeur Klay BBJ arrêté et incarcéré

page officielle/ Klay BBJ

Un célèbre rappeur en Tunisie, Ahmed ben Ahmed, alias Klay BBJ, dont une précédente condamnation à de la prison avait fait polémique, a été interpellé samedi soir à Tunis et incarcéré, a affirmé son avocat, Me Ghazi Mrabet.

"Il a été interpellé avec un autre rappeur et une troisième personne hier soir alors qu'il devait se rendre à un concert à Hammamet (60 km au sud de Tunis)", a déclaré à l'AFP Me Mrabet, confirmant des informations de presse.

Le rappeur, connu pour ses textes virulents envers les autorités, a été "placé en garde à vue puis en détention provisoire" à la maison d'arrêt de Bouchoucha, dans la banlieue de Tunis, selon la même source. Il pourrait être présenté lundi à la justice.

Son arrestation dont le motif n'est pas connu, s'est effectué "à la demande du ministère public", d'après le chargé de communication du ministère de l'Intérieur, Walid Louguini, cité par la radio privée Mosaïque FM. Sollicité dimanche par l'AFP, M. Louguini n'était pas joignable.

Selon une source judiciaire, cette interpellation pourrait être liée "à une affaire de consommation de stupéfiants", des accusations que conteste le rappeur, selon son avocat.

La justice pourrait invoquer une loi controversée dite "loi 52", selon l'avocat. Ce texte promulgué en 1992 à l'époque de la dictature prévoit des peines de un à cinq ans de prison pour consommation de cannabis. Il est combattu par un collectif citoyen, "Al Sajin 52" ("Le Prisonnier 52"), qui estime que cette loi est utilisée pour réprimer la liberté d'expression, nombre d'artistes, notamment des rappeurs critiques des forces de l'ordre, ayant été emprisonnés sur cette base.

Selon des chiffres de l'ONU, plus de 50% des personnes en détention provisoire et environ un tiers des condamnés en prison en Tunisie ont été arrêtés en lien avec des affaires de stupéfiants, surtout de cannabis.

En 2013, le rappeur Klay BBJ avait été condamné en première instance à 21 mois puis six mois de prison, en compagnie d'un autre rappeur, Weld El 15, pour outrage à des fonctionnaires, atteinte aux bonnes mœurs et diffamation.

Les deux artistes avaient été acquittés en appel.

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