MAGHREB
17/10/2015 07h:01 CET

Washington sous-estime le nombre de civils tués par ses drones, selon The Intercept

Lothar Eckardt, right, executive director of National Air Security Operations at U.S. Customs and Border Protection, speaks with a Customs and Border Patrol agent prior to a drone aircraft flight, Wednesday, Sept 24, 2014 at Ft. Huachuca in Sierra Vista, Ariz. The U.S. government now patrols nearly half the Mexican border by drones alone in a largely unheralded shift to control desolate stretches where there are no agents, camera towers, ground sensors or fences, and it plans to expand the strategy to the Canadian border. It represents a significant departure from a decades-old approach that emphasizes boots on the ground and fences. (AP Photo/Matt York)
ASSOCIATED PRESS
Lothar Eckardt, right, executive director of National Air Security Operations at U.S. Customs and Border Protection, speaks with a Customs and Border Patrol agent prior to a drone aircraft flight, Wednesday, Sept 24, 2014 at Ft. Huachuca in Sierra Vista, Ariz. The U.S. government now patrols nearly half the Mexican border by drones alone in a largely unheralded shift to control desolate stretches where there are no agents, camera towers, ground sensors or fences, and it plans to expand the strategy to the Canadian border. It represents a significant departure from a decades-old approach that emphasizes boots on the ground and fences. (AP Photo/Matt York)

Les pertes civiles liées aux frappes de drones américaines visant des extrémistes sur plusieurs terrains d'opérations sont sous-estimés par l'administration américaine, estime le site d'investigation The Intercept.

Dans un dossier intitulé "La machine à tuer", The Intercept publie une série de documents secrets, qui lui ont été remis par un professionnel du renseignement américain.

Ces documents montrent entre autres que lors d'une Opération Haymaker, dans le nord-est de l'Afghanistan entre janvier 2012 et février 2013, les frappes de drones des forces spéciales américaines ont tué plus de 200 personnes, dont seulement 35 étaient les cibles visées.

Sur une sous-période de cinq mois pendant cette opération, 90% des personnes tuées n'étaient pas des personnes visées, selon The Intercept.

Les documents montrent aussi que les militaires américains ont désigné ces victimes dans leurs statistiques comme des "ennemis tués au combat".

Cette manière de désigner toutes les victimes masculines comme des combattants, sauf preuve du contraire, est "folle", selon le professionnel du renseignement cité par The Intercept.

"Mais nous nous sommes habitués à cela. Les agences de renseignement, le JSOC (forces spéciales américaines procédant aux frappes), la CIA (qui effectue aussi des frappes de drones), et tous ceux qui aident et soutiennent ces programmes, ils n'ont pas de problème avec ça".

Interrogé jeudi sur l'enquête de The Intercept, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a estimé que le président Obama tentait d'être "aussi transparent que possible sur les opérations antiterroristes" dans le monde.

"Et le fait que ces opérations vont très loin pour éviter les victimes civiles", a-t-il ajouté, "c'est un contraste assez saisissant avec des organisations comme les talibans qui clairement mènent des opérations contre des civils innocents, dans une stratégie coordonnée pour fomenter la violence et les troubles".

Dans son enquête foisonnante, The Intercept détaille également les rouages du processus de décision de la machine bureaucratique, avant une élimination par drone.

Le site présente ainsi les "cartes de base-ball" créées par les professionnels du renseignement, sur le modèle des cartes que s'échangent les passionnés de sport sur leurs joueurs préférés.

Un portrait de la cible, la menace qu'elle représente pour les Etats-Unis, ses liens avec d'autres extrémistes, tout est cela combiné à des renseignements opérationnels dans un dossier qui voyagera jusqu'au bureau du président Obama, pour qu'il donne son feu vert à la frappe.

Une fois lancé, le processus d'autorisation par le président prend en moyenne 58 jours, selon le document cité par The Intercept. Le feu vert est ensuite valable pour 60 jours.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.