MAROC
16/10/2015 14h:30 CET | Actualisé 16/10/2015 14h:59 CET

Le département d'Etat américain se penche sur la liberté de religion au Maroc

La liberté de cultes au Maroc selon le gouvernement américain
AFP
La liberté de cultes au Maroc selon le gouvernement américain

RELIGIONS - La liberté de culte dans le monde : vaste programme sur lequel se concentre chaque année depuis 2001 le département d'Etat américain dans une publication intitulée "International Religious Freedom Report". La dernière version de ce rapport qui porte sur l'année 2014 a récemment été mise en ligne par le gouvernement américain.

Dans cette étude conséquente, le département d'Etat étudie la façon dont est respectée la liberté de religion dans plus de 150 pays.

En ce qui concerne le Maroc, le rapport note que "la constitution garantit la liberté de pratiquer une religion" en ajoutant toutefois que le "code pénal interdit aux non-musulmans de faire du prosélytisme" et que "le gouvernement décourage les musulmans de se convertir à une autre religion". Pour illustrer leurs propos, les auteurs du rapport prennent en exemple le cas d'un citoyen américain qui a été expulsé du Maroc car il avait fait traduire des textes chrétiens à des adolescentes. La police marocaine l'avait déporté à Mliliya suite à une plainte des voisins. Le ministère des affaires étrangères marocains avait alors déclaré que l'individu avait été déplacé "pour sa propre sécurité".

Intégration des communautés juives et chrétiennes

D'un point de vue démographique, 99% des habitants du Maroc sont des musulmans sunnites. Le reste étant constitué de juifs, de chrétiens, de musulmans chiites et de baha'is.

Le rapport cite ensuite des leaders de la communauté juive qui estiment qu'il y aurait entre 3000 et 4000 juifs dans le pays, dont 2500 rien qu'à Casablanca tandis que les communautés rbati et marrakchi ne sont constituées que d'une centaine d'individus.

Le rapport note que les juifs "vivent en sécurité" malgré quelques cas d'antisémitisme. Le département d'Etat prend l'exemple du cas d'un rabin qui avait été agressé par un individu alors qu'il se rendait à sa synagogue. Le même agresseur a ensuite jeté des pierres sur une autre personne de confession juive quelques jours plus tard. Arrêté par la police, il avait été condamné en novembre à dix mois de prison, mais il avait été acquitté de charges l'accusant d'antisémitisme. Le rapport considère également que les juifs qui visitent le Maroc pour des commémorations religieuses effectuent le voyage dans un environnement sur.

Au sujet de la communauté chrétienne, le département d'Etat déclare que "les chrétiens sont autorisé à assister aux services de culte dans des lieux approuvés par l'état marocain" avant de préciser que "les chrétiens n'y assistent généralement pas". Le département d'Etat informe également que "des citoyens ont rapporté avoir subi un harcèlement de la part de leur famille et amis non-catholiques pour se convertir".

Le rapport avance "qu'il y aurait entre 4000 et 8000 citoyens marocains chrétiens, dont la plupart sont issus de la communauté amazigh".

Les communautés issues du sunnisme et du bahaïsme évitent quant à elles "de révéler leur appartenance religieuse".

Montée de l'antisémitisme dans le monde

Au niveau mondial, le rapport remarque "une augmentation d'actes antisémites dans de nombreux pays". En France par exemple, les actes antisémites ont augmenté de 101% entre 2013 et 2014 selon le service de protection de la communauté juive. Le département d'état américain s'inquiète également du cas des chrétiens originaires des zones contrôlées par l'Etat Islamique, qui sont obligés de "quitter leur foyer avec très peu de biens" pour échapper à la mort.

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