ALGÉRIE
16/10/2015 05h:27 CET | Actualisé 16/10/2015 05h:31 CET

Vendredi de la colère en Palestine, Mahmoud Abbas sous pressions américaines

Des jeunes Palestiniens en colère
ASSOCIATED PRESS
Des jeunes Palestiniens en colère

Les forces de l'occupation israéliennes ont été massivement déployées ce vendredi à Al-Qods et en Cisjordanie occupées en prévision de la "journée de la colère" décidée par les différentes organisations palestiniennes.

Le mouvement Hamas, le Jihad Islamique, le FPLP et d'autres groupes ont appelé à manifester dans tous les territoires palestiniens et à faire face aux forces d'occupation. Les Palestiniens sont en situation de pré-intifada depuis le 1er octobre en réaction à la multiplication des provocations israélienne sur la mosquée d’al-Aqsa.

35 palestiniens tués depuis 1er octobre

Le ministère de la santé palestinien a annoncé vendredi matin le décès de Chawki Jamal Jabr, 37 ans, qui avait été blessé vendredi dernier au cours des manifestations contre l'occupation à Beit Hanoun.

Le nombre de palestiniens tués depuis le 1er octobre dernier passe ainsi à 35. Un communiqué du ministère de la santé indique que le bilan des personnes tuées par l'armée israélienne dans la bande de Gaza est de 12 morts dont un enfant et sa mère. 328 palestiniens ont été blessés à Gaza dont 171 par balles, 141 du fait des gaz lacrymogènes et 16 par des balles de caoutchouc.

En Cisjordanie occupée, le bilan des 23 morts dont 5 enfants. Un palestinien fait prisonnier est mort faute de soin dans les prisons. Le nombre de personnes blessées à Gaza et en Cisjordanie dépasse 1350 dont près de 600 par balles réelles et 600 par des balles en caoutchouc. 137 palestiniens ont été blessés à la suite d'attaques de colons.

palestinian

Gaza a suivi le mouvement

La vague de protestation s’est étendue à Gaza unissant les deux parties des territoires dans la colère contre l’occupation. Des pierres – et parfois des couteaux – pour faire aux moyens des forces d’occupation qui ont décidé, en prévision de la journée de la colère, d’interdire l’accès à la mosquée al-Aqsa aux hommes de moins de 40 ans.

A Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupées, des Palestiniens ont lancé, vendredi à l’aube, des cocktails Molotov contre un lieu de pèlerinage pour les juifs religieux source de tensions permanentes.

Selon la chaine al-jazira, l'armée israélienne a déployé des chars et des camions de transports de troupes en différentes positions autour de Gaza. La veille,le ministère de la santé a indiqué que dix palestiniens ont été blessés au cours des affrontements avec les forces israéliennes à l'est du camp de réfugiés d'El Breîj, au centre de Gaza.

Pressions sur Mahmoud Abbas

Alors que le conseil de sécurité doit tenir une réunion d’urgence vendredi soir (15H00GMT) à la demande la Jordanie, seul pays arabe membre du conseil, le président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est sous pression des américains qui lui demande, pratiquement dans les mêmes termes que les israéliens, à empêcher l’Intifada.

Dans le sillage de Benjamin Netanyahu qui a accusé Abbas de "d’appeler aux violences ", le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a déclaré que "le président Abbas s’est engagé en faveur de la non-violence. Il doit condamner (la violence), haut et fort".

Mahmoud Abbas qui a énoncé récemment à l’Onu des velléités de se dégager des engagements d’Oslo se retrouve, une fois de plus, sommé par les américains à aller contre le sentiment dominant chez les Palestiniens qui soutiennent ce début d’Intifada enclenché autour de la défense de la mosquée d’Al-Aqsa.

LIRE AUSSI : BLOG - Les couffins de Ben M'Hidi en Palestine

Dans un article intitulé, " Plus Israël gratte notre terre, plus recule la paix", Henry Tincq, spécialiste des questions religieuses note que selon le "Centre de recherches politiques et de sondages, 29% seulement des Palestiniens pensent que les pourparlers restent, malgré tout, le meilleur moyen d'aboutir à la création d'un État viable et souverain. Mais 42% prônent le retour à la lutte armée."

Il cite Majed Bamieh, conseiller au ministère des affaires étrangères à Ramallah qui explique sans langue de bois pourquoi les Palestiniens ne se font plus d’illusion sur une solution politique.

"Le gouvernement Netanyahou et la droite israélienne ne veulent pas d’Etat palestinien. Ils ne veulent pas d’arrêt des colonies. Ils ne veulent pas du partage de Jérusalem. Ils ne veulent pas du retour des réfugiés. Ils ne veulent pas d’un meilleur partage de l’eau. Sur quoi voulez-vous négocier?"

Mahmoud Abbas qui est sommé de faire avorter la nouvelle intifada qui monte a-t-il quelque chose d’autres à proposer aux Palestiniens en révolte ?

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.