MAROC
16/10/2015 06h:11 CET | Actualisé 16/10/2015 06h:35 CET

Mort de 15 migrants au large de Sebta: Affaire classée par la justice espagnole faute de preuves

Mort de 15 migrants au large de Ceuta: Affaire classée par la justice espagnole faute de preuves
AFP
Mort de 15 migrants au large de Ceuta: Affaire classée par la justice espagnole faute de preuves

ESPAGNE - La justice espagnole a rendu un non-lieu jeudi dans l'enquête portant sur la mort en 2014 d'une quinzaine de migrants tentant d'atteindre Sebta, dans laquelle 16 gardes civils étaient mis en cause.

Le tribunal a décidé de "classer de manière provisoire l'enquête ouverte pour homicide", qui visait notamment treize agents de la Garde civile, un capitaine, un lieutenant et un sergent, a-t-on appris de source judiciaire.

La juge en charge du dossier a motivé la décision en expliquant que l'instruction pourrait être rouverte si les autorités marocaines acceptaient de transmettre les résultats des autopsies réalisées par leurs services sur plusieurs de ces migrants. La juge a demandé ces pièces à plusieurs reprises, sans succès, a-t-elle noté.

Le 6 février 2014, au petit matin, un groupe de plus de 200 personnes avait tenté de parvenir à la nage à Sebta en provenance du Maroc.

Pour éviter qu'elles parviennent à destination, des gardes civils avaient employé des armes anti-émeutes, comme des flash-balls. Seule une vingtaine de personnes avaient atteint Sebta et les jours suivants les corps sans vie de 15 personnes avaient été retrouvés, cinq sur les plages espagnoles et dix au Maroc.

Les ONG dénoncent...

Plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme ont accusé les gardes civils d'avoir tiré sur les bouées des immigrants, pour beaucoup incapables de nager. L'Espagne avait été choquée. Plusieurs associations de défense des droits des migrants avaient porté plainte. Mais la juge a considéré dans son ordonnance de non-lieu "qu'aucun indice ne permet d'affirmer que les agents inculpés ont fait un usage inapproprié de l'équipement anti-émeutes".

"Les immigrants ont assumé le risque d'entrer illégalement en territoire espagnol, par la mer, à la nage, en masse et en profitant de la nuit", a encore jugé la magistrate dans son ordonnance.

L'Espagne est souvent accusée par les ONG de ne pas respecter les droits des migrants tentant de franchir ses frontières de Sebta et Mliliya.

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