ALGÉRIE
15/10/2015 09h:11 CET | Actualisé 15/10/2015 09h:11 CET

Poutine dénonce la "position non constructive" des Etats-Unis sur la Syrie

Russian President Vladimir Putin attends a teleconference watching the start of the construction of a Gas Processing plant after visiting the Vostochny Cosmodrome near Uglegorsk, the city in eastern Siberia in the Amur region, Russia, Wednesday, Oct. 14, 2015. Putin has chided officials for a four-month delay in building a sprawling space center in the Far East. (Alexei Nikolsky, RIA-Novosti, Kremlin Pool Photo via AP)
ASSOCIATED PRESS
Russian President Vladimir Putin attends a teleconference watching the start of the construction of a Gas Processing plant after visiting the Vostochny Cosmodrome near Uglegorsk, the city in eastern Siberia in the Amur region, Russia, Wednesday, Oct. 14, 2015. Putin has chided officials for a four-month delay in building a sprawling space center in the Far East. (Alexei Nikolsky, RIA-Novosti, Kremlin Pool Photo via AP)

Le régime syrien a étendu jeudi à la province de Homs son offensive contre les rebelles dans le centre du pays, son allié russe Vladimir Poutine critiquant la position des Etats-Unis dans le conflit.

L'armée syrienne, appuyée par l'aviation russe, les miliciens pro-régime, le Hezbollah libanais et des combattants iraniens, a élargi jeudi son offensive dans le centre de la Syrie en tentant de déloger les rebelles de la province de Homs.

L'objectif de cette opération dans le nord et le nord-ouest de la ville de Homs est "de restaurer sécurité et stabilité dans les villages et localités de la région", selon des sources militaires. L'armée a annoncé la prise d'un village, juste au nord de Homs.

L’Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG disposant d'un vaste réseau de sources sur le terrain, a annoncé que les avions russes ont mené 15 raids dans le secteur où ont lieu les combats, tuant 10 personnes, dont six rebelles.Selon lui, de violents combats opposent les forces du régime du président syrien Bachar al-Assad aux rebelles, notamment au sud de Talbissé, une localité située sur l'autoroute reliant Homs à Hama et contrôlée par les rebelles depuis 2012.

Pour le moment, malgré 16 jours de frappes massives russes et l'engagement de dizaines de milliers d'hommes, le régime n'a toutefois pas enregistré de succès décisif sur ce front.

Si l'offensive en cours ces derniers jours dans la province de Hama lui a permis de s'emparer d'une dizaine de villages, aucun n'a une importance stratégique.

Couper le contact entre rebelles

L'extension des opérations près de la ville de Homs vise à "couper les contacts entre les rebelles de Hama et ceux de Homs", a expliqué à l'AFP une source militaire en Syrie.

Le régime veut notamment s'emparer de l'autoroute entre Homs et Alep, la deuxième ville du pays, dans le nord. Colonne vertébrale du pays, cette autoroute traverse les province de Hama et d'Idleb dont la quasi-totalité est aux mains des rebelles islamistes alliés au Front al-Nosra, branche syrienne d'al-Qaïda.

Jeudi, l'Iran, proche allié du président Assad, s'est dit prêt à examiner une éventuelle demande du régime syrien de lui envoyer des combattants iraniens en renfort.

"Si la Syrie fait une demande, nous l'étudierons et prendrons une décision", a déclaré un haut responsable iranien, Alaeddine Boroujerdi, lors d'une conférence de presse à Damas.

Les experts estiment que l'armée syrienne a perdu la moitié de ses effectifs combattants depuis le début de cette guerre civile qui a fait plus de 240.000 morts en quatre ans et demi.

Des sources militaires syriennes ont fait état de l'arrivée de milliers de combattants iraniens ces derniers jours à l'aéroport militaire de Hmeimim, au sud de Lattaquié (ouest), pour renforcer les troupes régulières dans leur offensive.

Poutine critique

Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé de son côté la "position non constructive" des États-Unis qui ont, selon lui, refusé le principe d'un échange de délégations avec Moscou pour parler du conflit syrien.

"Je ne comprends pas bien comment nos partenaires américains peuvent critiquer les actions de lutte antiterroriste de la Russie en Syrie tout en refusant le dialogue direct sur les questions importantes telles que le règlement politique" de la guerre, a déclaré M. Poutine à Astana.

La Russie affirme avoir proposé aux Etats-Unis qu'une délégation de responsables américains se rende à Moscou pour évoquer la crise syrienne. Puis, devant les réticences de Washington, Moscou a proposé qu'une délégation russe menée par le Premier ministre Dmitri Medvedev parte pour Washington.

"Nous avons dit que cela ne nous intéressait pas tant que la Russie n'était pas prête à contribuer de manière constructive à notre effort de lutte contre le groupe État islamique", a confirmé Josh Earnest, porte-parole de la Maison Blanche.

Malgré ces tensions, un accord pour éviter des collisions entre les avions militaires russes et américains menant des frappes en Syrie pourrait être signé "dans les prochains jours", a indiqué Washington mercredi à l'issue de discussions par vidéoconférence entre des hauts gradés des deux pays.

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