ALGÉRIE
15/10/2015 05h:31 CET | Actualisé 15/10/2015 10h:53 CET

Madani Mezrag va rappeler à Bouteflika les "engagements et le pacte", attaque Benflis et les journalistes

Madani Mezrag adoucit son propos mais ne s'excuse pas
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Madani Mezrag adoucit son propos mais ne s'excuse pas

Madani Mezrag, ancien chef de l’Armée Islamique du Salut (AIS) a publié mercredi un communiqué où il a adouci son propos à l’égard du président Abdelaziz Bouteflika sans pour autant s’excuser comme l’ont rapporté plusieurs journaux. El Khabar qui en a fait sa une prend bien soin de mettre le mot "excuses" entre guillemets.

Madani Mezrag qui avait déclaré sur la chaine El Watan Tv, scellée depuis, que le président de la République n’était pas "dans un état qui lui permet de prendre des décisions" continue d’émettre des doutes sur le fait que ce soit Abdelaziz Bouteflika qui lui a signifié une fin de non-recevoir à propos de son intention de créer un parti politique.

Dans sa lettre, Madani Mezrag accuse les journalistes et des "pseudos hommes politiques", les "plumes vendues et perfides", les "hypocrites" à la "langue pleines de venins" qui ont durant les quinze dernières années "contesté la légitimité du président et des institutions de l'Etat" d’essayer d’exploiter un "différend passager" avec le président de la République.

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Ces groupes, écrit-il, ont cherché à profiter de "notre différend passager avec le président du à une expression erronée publiée dans une lettre qui lui est attribuée" pour faire tonner les "tambours de la guerre".

Cette expression "erronée" (خاطئة ) dont parle Madani Mezrag a cependant a été publiée dans un message officiel du président Abdelaziz Bouteflika à l’occasion du 10ème anniversaire de la Charte pour la Paix et la réconciliation nationale. A l’évidence, Madani Mezrag continue de douter que ce soit le président lui-même qui lui a fermé la porte à la création d’un parti politique.

On est loin des excuses… même si la forme est moins abrupte que sa déclaration sur la chaine El Watan Tv. Le président, avait-il déclaré s'est déjà "trompé sur notre compte en 2009 dans un discours à Oran. Notre réponse a été très forte et aujourd’hui le Président refait la même chose.

Quelle que soit la partie ou le conseiller qui est derrière, il nous oblige de lui répondre avec virulence. On va lui rappeler notre réponse de 2009, et s’il ne revoie pas sa position, il va entendre de moi ce qu’il n’a jamais entendu auparavant".

el khabar mezrag
La Une d'El Khabar avec des guillemets sur le mot "excuse"

Madani Mezrag dit renoncer à cette "réponse vive" qu’il comptait adresser au président de la République. A la place, il compte écrire une lettre "sincère et forte pour conseiller M.le président et lui rappeler les engagements et le pacte".

Il compte également proposer "des mesures sérieuses pour rattraper ce qui est passé et à aider à réaliser ce qui reste à venir" afin de "revenir à l'Etat de droit et "barre la route définitivement à ceux qui pêchent en eaux troubles".

Diatribe contre Ali Benflis

L’ancien chef de l’AIS atténue la forme mais reste ferme sur fond en rappelant les "engagements et le pacte" qui le lieraient au pouvoir et dont il demande l’application.

Sur ce terrain, l’ancien chef de l’AIS a été particulièrement virulent à l’égard d’Ali Benflis qu’il accuse de faire un "faux témoignage", de cacher les "trois quarts de la vérité" et d'être "aveuglé" par l'ambition et de s'exprimer d'une manière "qui ne sied pas au Chaouia libres".

Cité par Madani Mezrag comme faisant partie avec les généraux Smain Lamari et Fodil Chérif de la délégation du pouvoir qui a pris des engagements en matière des droits politiques des membres de l’AIS, Ali Benflis a nié avoir discuté d’autre que du contenu de la loi sur la concorde.

La vérité affirme Mezrag "sortira prochainement" avec des témoignages de gens présents à la première réunion et" aussi à la seconde réunion - que Benflis nie - et qui est la plus importante...".

Mezrag s’est auto-disculpé de l’affaire d’El Watan Tv en affirmant qu’elle l’a été fermée pour avoir exercé sans autorisation et pour des raisons idéologiques liées à sa ligne éditoriale islamiste et nationaliste.

Pour lui, sa participation à l’émission incriminée n’était qu’un "prétexte politique". Il assure qu’il mène, avec d'autres, des efforts pour lever les scellés contre la chaine car il ne croit pas que Bouteflika "accepte que l'on bâillonne les bouches".

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