ALGÉRIE
14/10/2015 09h:36 CET | Actualisé 14/10/2015 11h:12 CET

Tripartite: défis économiques et choix sociaux du gouvernement Sellal

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A l’ouverture des travaux de la tripartie, le Premier ministre, Abdelamlek Sellal, a réaffirmé les grands choix sociaux et économiques de son gouvernement.

Soutien social

Le premier ministre rappelle que les coupes budgétaires pour pallier au manque à gagne sur les revenus ne se feront pas dans les transferts sociaux comme le voudrait, «des calculs froids et cynique». Bien au contraire. L’Etat poursuivra sa politique en "matière de soutien social pour le développement de la ressource humaine, seule créatrice de richesse".

Il rappelle les décisions prises par l'Etat notamment, la gratuité des études, celle des soins et la prise en charge de 3 millions de malades chroniques grâce à la carte Chiffa, la poursuite des programmes de logements, la mise en œuvre de l'engagement de révision de l'article 87 bis de la loi relative aux relations de travail et de redéfinition du SNMG avec la revalorisation de l'indemnité forfaitaire compensatrice pour près de 1,5 million de travailleurs.

La finalité est de "mobiliser la force de travail du pays afin de faire face aux défis qui nous attendent", a souligné le Premier ministre rappelant que le Pacte national économique et social pour la croissance avait scellé un consensus entre patronat, syndicat et exécutif en faveur de la croissance et de l'édification d'une économie émergente, élément central du programme présidentiel.

"Dire la vérité, c'est tabler sur un baril de pétrole à 45 dollars comme base d'élaboration de la loi de finances pour 2016 qui ira dans le sens de la croissance et non dans celui de l'austérité car nous avons largement les capacités de résister et de nous améliorer", a-t-il soutenu.

Finances publiques

L'objectif de croissance pour 2016 avait été fixé à 4,6% (1 point de plus qu'en 2015) et qu'il est réalisable, "illustrant cette volonté de favoriser la croissance, alors que les dépenses budgétaires globales continueront d'enregistrer des baisses (-8,9% par rapport à l'exercice 2015)".

Selon lui, la production nationale des hydrocarbures connaîtra une augmentation de 4% d'ici la fin de l'année 2015, qui se poursuivra durant l'année 2016.

Il a, par ailleurs, précisé que les efforts de rationalisation des dépenses "seront ciblés et épargneront les couches défavorisées car nous sommes pour un Etat fort, régulateur d'une société libre dans ses initiatives et solidaire des plus faibles".

Pour M. Sellal, "notre patriotisme économique implique le soutien à tous les opérateurs nationaux à condition qu'ils respectent les règles et qu'ils n'aient pas des pratiques de concurrence déloyale".

Obligation de lutter contre le phénomène de la corruption

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a insisté, dans ce sillage, sur l'obligation de lutter contre le phénomène de la corruption et de dilapidation des moyens des entreprises.

Il a fait savoir qu'"une approche franche, sincère et honnête est développée en direction des acteurs de la sphère informelle pour les mettre en confiance et leur permettre de régulariser leur situation à travers des dispositifs de mise en conformité simples, transparents et sans implications, autre qu'un droit minime dont ils doivent s'acquitter".

Il invite, aussi, les acteurs du secteur informel à déposer leur argent dans les banques ''en toute confiance" et à déclarer leurs salariés. "Je les encourage vivement à déposer, en toute confiance, leurs avoirs dans les banques et à déclarer leurs salariés, non pas parce qu'ils sont obligés de le faire, mais parce qu'ils y trouveront avantage et pourront investir leurs moyens financiers dans le secteur productif", a assuré le Premier ministre.

M. Sellal a rassuré, en outre, qu'"il n' y aura aucune poursuite judiciaire ni fiscale contre ces acteurs". Il a démenti, dans la foulée, les rumeurs indiquant que l'Etat a pris ces dispositions pour s'accaparer de l'argent circulant dans le secteur informel en expliquant que cette opération vise à assainir l’économie et à intégrer dans ses circuits les quelques 1300 milliards de dinars que compte l’informel.

Les banques privées invitées à ne pas se limiter au financement du commerce extérieur

Quand aux banques privées, Abdelmalek Sellal, les a exhorté, "à ne pas se cantonner au financement du commerce extérieur", tout en appelant les banques publiques à "rationaliser" la gestion des crédits à l'économie.

Selon M. Sellal, "les établissements financiers sont encouragés à l'effet d'accompagner les entrepreneurs et les porteurs de projets à travers le développement des crédits à l'économie qui ont, certes, progressé de 22,7% en 2015, mais qui doivent encore augmenter car notre objectif est de permettre aux entrepreneurs d'investir plus", a-t-il ajouté.

Dans ce sens, il a cité une procédure simplifiée qui a été mise en place récemment pour encadrer la gestion du foncier industriel ouvert également à l'investissement privé.

Il a alors assuré que "d'ici six (6) mois, le problème du foncier destiné à l'investissement sera totalement résolu". Sellal a indiqué, dans ce contexte, que les walis avaient reçu des instructions "fermes" pour soutenir et accompagner les projets d'investissement.

La règle 51/49 sera ménagée

Le Premier ministre a également fait savoir que le projet de loi relative à la promotion de l'investissement introduirait de "nouvelles dispositions incitatives" devant clarifier et assouplir les règles d'investissement avec le maintien de la règle du 51/49%. Il ajoutera dans le même sens qu’au titre du plan national "Doing business" avait connu une mise en œuvre effective par des amendements législatifs et réglementaires ainsi que des simplifications de procédures.

Les actions de contrôle des importations vont s'intensifier

Par ailleurs, le premier ministre indiquera que le contrôle des importations allait s'intensifier mais sans compromettre les approvisionnements de l'outil de production et la disponibilité des produits sur le marché. "Le marché algérien doit rester accessible, libre et ouvert, avec des règles fixées par l'Etat et appliquées par lui en toute transparence", a-t-il ajouté.

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