MAROC
14/10/2015 13h:53 CET | Actualisé 14/10/2015 14h:10 CET

Les confidences d'Elie Semoun (VIDÉO)

HUMOUR - Elie Semoun présente ce mercredi son nouveau spectacle intitulé "A partager" au Studio des Arts Vivants à Casablanca. A 51 ans, l'humoriste abandonne définitivement les personnages cultes de ses petites annonces comme Cyprien ou encore Kevina pour se livrer à des confessions plus intimes tout en cultivant l’humour noir avec talent sur des sujets brûlants.

Dans son nouveau spectacle, mise en scène par Roger Louret, l’humoriste d’origine marocaine n’hésite pas à balayer de nombreux thèmes d’actualité. On retrouvera ainsi sur scène un candidat au Djihad, une mairie Front National, un pédophile de retour de Thaïlande ou encore une cougar noyée dans sa solitude.

Un one-man-show "très saignant, très social", a expliqué l’humoriste au HuffPost Maroc à l’occasion d’une interview exclusive. Un retour aux sources également puisque Elie Semoun renoue ainsi avec "l’esprit Eli et Dieudonné". "Ce sont toutes les choses qui m’angoissent dans la société, parce que c’est quand même assez anxiogène quand on regarde la télé, les infos, entre autres, le racisme ou encore l’intégrisme, ce sont des thèmes que j’aborde dans mon spectacle", explique Elie Semoun.

"Je n’arrive pas à trouver des sujets lisses, je ne peux pas parler du mode d’emploi d’un shampoing ou de la façon dont je fais mes courses, je ne peux pas", ajoute-t-il.

En somme, des personnages grinçants qui signent une véritable prise de risque pour l’humoriste. Pour preuve, le grand moment de solitude vécu par l’artiste lors du gala de clôture de la cinquième édition du Marrakech du Rire en juin dernier. La parodie, extraite de son nouveau spectacle, d’un maire du Front National tenant son premier conseil municipal à laisser de marbre les quelques trois mille spectateurs du palais Badii à Marrakech.

"Ça s’adressait plus aux Français qu’aux Marocains, après j’ai précisé aux gens avec Jamel Debbouze que ce n’était qu’un sketch, que c’était ce qui se passait en France et ce que moi je vis en tant que citoyen, c’est l’horreur que je renvoie sur scène. Mais je ne suis ni pédophile, ni raciste, ni djihadiste, ni handicapé…", tient à rassurer l’humoriste qui ne cache pas son appréhension quelques heures avant de se produire devant le public casaoui. "Ma soeur vit à Casablanca, mon père vient du Maroc, toute la famille vient du Maroc et venir ici pour moi ce n’est pas anodin, c’est important", précise Elie Semoun. "J’espère qu’ils connaîtront assez mon travail pour se dire que c’est la vision typiquement Semoun de la vie et que ce n’est pas à prendre au premier degré parce qu’il n’y a rien de pire pour moi", précise-t-il.

Interrogé sur ses craintes face à un climat général en France qu’il juge de plus en plus "anxiogène", l’artiste n’a pas hésité à épingler la députée européenne Nadine Morano, quelques semaines après ses propos sur la "race blanche" ainsi que la Présidente du Front National Marine Le Pen tout en évoquant le rôle des médias.

"Quand j’entends Nadine Morano dire les mêmes horreurs que Marine Le Pen j’ai envie de dire que ces gens là ne font pas du bien à la France. Ce genre de choses ça me fait flipper, mais je tiens à dire que je pense profondément que la France n’est pas raciste, c’est simplement qu’on laisse trop la parole aux racistes. Et les journalistes en sont un peu responsables, à quoi ça sert de précipiter les caméras et les micros vers une femme comme Nadine Morano ou Marine Le Pen, pourquoi on ne donne pas la parole aux gens qui sont positifs ?", conclut ainsi Elie Semoun.

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