MAGHREB
13/10/2015 06h:36 CET

Tunisie: La suppression de la semaine bloquée provoque la colère des élèves

Facebook/Ministère de l'éducation

Sfax, Médenine, Bizerte, Sousse... les manifestations dans les lycées en protestation contre la suppression de la semaine bloquée étaient nombreuses le 12 octobre 2015.

Le ministère de l'éducation a communiqué une circulaire le 6 octobre 2015 qui détermine le calendrier des examens pour l'année scolaire 2015/2016. Sans déclarer ouvertement la suppression de la semaine bloquée, il y figure les délais de la tenue des examens, des corrections et de la remise des notes, ainsi que les conseils des classes pour le premier et le deuxième trimestre de l'année scolaire.

Le communiqué offciel inclut un emploi du temps détaillé qui joint les examens aux heures de cours. Par ailleurs, pas de dates pour le troisième trimestre qui conservera la semaine bloquée avec des examens à échelle régionale.

Ces décisions ont été prises dans le but d'instaurer un système de contrôle continu et d'amélioration du système éducatif tunisien. Elles visent à permettre aux élèves de considérer les examens trimestriels comme de simples évaluations ainsi qu'à diminuer la fraude. Ceci fait suite aux propositions et aux discussions qui ont eu lieu durant le dialogue national sur la réforme de l'éducation.

Le secrétaire général du syndicat, Lassaad Yaacoubi, a déclaré sur Mosaïque FM, que les décisions du ministère ne sont pas réfléchies et hâtives. La semaine bloquée est une démarche qui doit être réformée, selon lui, car elle bloque le déroulement normal des cours et de l'apprentissage, et ce n'est pas seulement une semaine d'arrêt de cours mais cinq, car c'est une suite qui comprend une semaine ouverte, une semaine bloquée, une semaine de correction et deux semaines de vacances.

La suppression de la semaine bloquée est un objectif commun mais les délais annoncés sont très contraignants pour tout le secteur, dit-il. Il assure que cela peut avoir de graves répercussions sur tout le système éducatif et, au lieu de l'améliorer, il le fera sombrer davantage.

"Les détails de cette décision sont à discuter. Nous irons aujourd'hui même au ministère de l'Education pour proposer un calendrier alternatif avec des échéances plus souples et étendues, mieux échelonnées, qui conviendrait à tout le monde", assure Lassaad Yaacoubi.

Selon la proposition du ministère, les professeurs devront présenter des examens différents à chaque classe et un barème de notes adéquat pour chacun. "Les professeurs qui dispensent des cours pour plusieurs classes et plusieurs niveaux en même temps vont subir une pression énorme surtout que le délai de remise des notes est tout aussi limité puisqu'il s'achève deux jours après la fin de la période des examens", ajoute Yaacoubi.

Il affirme que l'administration ne pourra pas surveiller le bon déroulement des tous ces examens ni préparer tous les buletins de notes en deux jours. Il estime, de surcroît, que suivre les cours et passer autant d'examens en si peu de temps dépasse les capacités des élèves.

Le porte-parole du syndicat affirme que les examens à l'échelle régionale posent d'autres problèmes, essentiellement d'ordre logistique.

Les élèves protestataires, quant à eux, reprochent aussi bien au ministère qu'au syndicat de telles décisions auxquelles ils n'ont pas été préparés. Selon des témoignages recueillis par Shems FM, certains élèves qui ont boycottés les cours lundi affirment que la suppression de la semaine bloquée n'est pas à leur avantage et que cela limite gravement leur temps de révision. Ils estiment que les répercussions sur leurs bulletins de notes seront très perceptibles.

Lassaad Yaacoubi salue le courage des élèves à prendre position. "Le mouvement des élèves a repris et là ils sont conscients de leur pouvoir. Ce que je soutien c'est leur pouvoir d'analyser et de proposer des alternatives réalistes et argumentées", annonce-t-il.

Le dialogue national sur les réformes de l'éducation a été initié par Néji Jalloul, ministre de l'éducation, en avril 2015 sous forme de projet entre le syndicat de l'enseignement secondaire, l'Institut Arabe des Droits de l'Homme et le ministère de l'Education.

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