MAROC
12/10/2015 12h:30 CET | Actualisé 12/10/2015 13h:00 CET

Neila Tazi: "Ma candidature à la présidence de la deuxième chambre est un acte militant" (INTERVIEW)

Neila Tazi explique les raisons de sa candidature à la présidence de la deuxième chambre
Neila Tazi explique les raisons de sa candidature à la présidence de la deuxième chambre

PARLEMENT - Moins de deux mois après son arrivée à la Chambre des conseillers avec huit sièges, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a annoncé la candidature de Neila Tazi pour la présidence de la deuxième chambre. Si la fondatrice du festival Gnaoua d’Essaouira a peu de chances d’être élue, au vu de la taille de la formation au sein du parlement, rien n’est encore joué. Quels sont les enjeux et les raisons de cette candidature? Eclaircissements avec l’intéressée.

HuffPost Maroc: On vous connaît sous la casquette de militante culturelle, notamment en tant que fondatrice du festival gnaoua en 1998. Pourquoi la politique aujourd'hui, et quelles sont vos ambitions si vous arrivez à décrocher le mandat de présidente de la deuxième chambre?

Neil Tazi: Il faut rappeler que je suis chef d’entreprise, depuis que j’ai créé une agence de communication. Je me suis distinguée dans mon métier avec un événement, le Festival Gnaoua et des musiques du monde. C’est par essence même un projet militant. Un projet qui a façonné mon être et mon engagement citoyen. Cela m’a permis de m’ouvrir sur beaucoup de sujets concernant la réalité de mon pays, sur les plans politique, économique, régional et local. Ce festival a été une expérience chargée d’enseignements. De fait, je suis d'une certaine manière engagée dans la dynamique politique. Quand on défend un projet comme ça, on traite avec des membres du gouvernement, avec des décideurs au niveau des régions, des communes, du monde économique, des médias, de la sécurité. On est en contact avec tous ces milieux et l’on comprend que toutes ces forces sont importantes. J’ai aussi eu l’opportunité d’entrer à la CGEM et de militer pour le patronat. C’est une institution où j’ai beaucoup appris.

Vous êtes une proche de Miriem Bensalah, présidente de la CGEM. Est-ce elle qui vous a encouragée à vous présenter?

Bien sûr. La présidente ainsi que les instances gouvernantes de la CGEM et les huit représentants à la chambre des conseillers m’ont encouragée. C’était une décision collégiale pour marquer l'entrée de la CGEM dans cet hémicycle. La confédération ne veut pas rester spectatrice, elle veut être un acteur. Ils ont particulièrement voulu que ce soit une candidature féminine pour passer ce message que nous soutenons la parité et mettons en avant la compétence des femmes qui ont un rôle fondamental à jouer. La CGEM a, dans son ensemble, été vraiment responsable sur la question de la parité depuis l’élection de Miriem Bensalah, et a voulu marquer un deuxième pas avec cette élection.

Sachant que la CGEM ne dispose que de huit sièges à la CGEM, pensez-vous avoir vos chances?

Cette candidature est évidemment un acte militant qui est porteur de message et de symbole. Nous encourageons les classes politiques dans toutes leurs sensibilités mais nous ne sommes pas partisans. Nos chances sont ce qu’elles sont, mais à 24 heures de ce vote, les choses ne sont toujours pas claires. Des candidats se déclarent, d’autres vont peut-être se retirer. Tout reste possible. La réalité de la configuration de cette élection ne sera effective que demain à 15h lorsqu’ils lèveront la main pour déclarer leurs candidatures. Nous avons beaucoup de contacts officiels en cours qui ont fait le pas de s’adresser à nous pour nous soutenir.

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