ALGÉRIE
12/10/2015 14h:06 CET | Actualisé 12/10/2015 14h:09 CET

Des membres de l'opposition dénoncent la fermeture d'El Watan TV

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Plusieurs personnalités politiques ont réagi ce lundi 12 octobre à la fermeture de la chaîne de télévision privée El Watan TV suite à une décision du ministère de la Communication. Cette fermeture, officiellement pour "atteinte aux symboles de l'Etat" et "diffusion de contenu subversif", est dénoncée comme une "hypocrisie du pouvoir" ainsi qu'une "tentative d'intimidation".

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La semaine dernière, le ministère de la Communication a déposé plainte contre la même chaîne suite à la diffusion d'un entretien avec Madani Mezrag. Durant l'émission, l'ex-chef de l'AIS (Armée Islamique du Salut) a tenu des propos jugés menaçants envers le président de la République. "(Si Bouteflika continue à lui interdire de créer un parti politique) il entendra de ma part ce qu'il n'a jamais entendu auparavant", avait-t-il déclaré.

Le passage à la l'acte de fermeture du département de Hamid Grine sans attendre une décision de la justice est une "hypocrisie du pouvoir" selon Sofiane Djilali. "Accusée d’avoir permis à Madani Mezrag de porter atteinte aux symboles de l’Etat, il est troublant de voir que l’auteur des propos est épargné." estime le président du parti Jil Jadid dans un communiqué.

Il s'interroge encore: "Serait-ce du fait de sa proximité (celle de Madani Mezrag) avec le pouvoir ? Il est protégé par la force publique dans ses activités illégales de regroupement de ses troupes dans les forêts depuis l’année 2000 selon le directeur de cabinet du Président".

L'Etat, poursuit M. Djilali, refuse de mettre en application la loi sur l'audiovisuel "pour maintenir sous chantage constant les chaines de TV privées".

#Communiqué• La punitionLa chaine de télévision El Watan TV vient d’être fermée sur instruction du...

Posted by Soufiane Djilali on lundi 12 octobre 2015


Ahmed Adimi, porte-parole du parti Talaie El Houriat, se demande également pourquoi Madani Mezrag n'a pas été inquiété dans cette affaire.

"Il a été reçu comme personnalité nationale à la présidence de la République et a été consulté au sujet de la révision de la Constitution. [...] Il a déjà participé à deux émissions sur Echorouk TV [...] dont une où il admet avoir tué un jeune soldat [dans les années 90]... Pourquoi Mezrag n'est-il pas jugé, étant le principal concerné? et pourquoi n'a-t-on pas attendu la décision de la justice concernant la plainte du même ministère (avant de fermer El Watan TV)?", a écrit M. Adimi.

Pour Abderrazak Makri, chef du Mouvement pour la Société de la Paix (MSP), le propriétaire d'El Watan TV Djaafer Chelli est visé car "il est un enfant du parti (d'opposition)". Djaafer Chelli est en effet membre du bureau politique du MSP.

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