MAROC
12/10/2015 08h:10 CET

Discours royal: Mohammed VI met les points sur les "i" quatre ans après l'adoption de la nouvelle Constitution

Le recadrage de Mohammed VI devant le Parlement
MAP
Le recadrage de Mohammed VI devant le Parlement

POLITIQUE - "Qu'attendons-nous pour mettre en place les nouvelles institutions créées par la Constitution?", s'est interrogé Mohammed VI dans son discours prononcé vendredi 9 octobre au soir devant les deux chambres du Parlement.

Le roi en a profité pour rappeler la nécessité, pour les parlementaires, "d’élever le niveau" du discours politique. Un recadrage qui fait également suite aux diverses accusations de corruption venues entacher l’élection de la nouvelle Chambre des conseillers.

"Les élections ne sont pas une fin en soi"

Le discours royal, prononcé à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative, intervient un mois après les élections régionales et communales, et quelques jours après la mise en place de la deuxième chambre du Parlement, dans sa nouvelle configuration.

Pour autant, le roi a tenu à rappeler que le processus électoral n’avait pas atteint son terme. "En effet, les élections ne sont pas une fin en soi. Elles marquent plutôt le commencement effectif d'un long parcours, dont le point de départ consiste à mettre en place les institutions et à leur conférer la légalité requise", a-t-il déclaré.

Le roi a ainsi appelé les élus et partis politiques à "honorer leurs promesses" et à se livrer "à une autocritique constructive, pour corriger les erreurs, redresser les dysfonctionnements et poursuivre dès maintenant leur action". "Nous refusons les arrangements négatifs par lesquels on cherche à satisfaire les envies personnelles et les objectifs catégoriels, au détriment des intérêts de la nation et des citoyens", indique-t-il.

"Antagonismes et surenchères"

Alors que les membres de la nouvelle chambre des conseillers viennent d’être élus, Mohammed VI a rappelé les prérogatives de cette chambre qui doit être" un espace de débat constructif, d'expertise, de pondération et d'objectivité et rester à l'écart de toute considération politique".

"Malgré tous les efforts déployés, l'image qui reste dans l'esprit de nombreux citoyens, est celle d'antagonismes et de surenchères entre la majorité et l'opposition, parfois à l'intérieur du parlement, et dans certains rassemblements partisans et même dans les médias", déplore le roi, qui estime que le discours politique "ne s'élève pas toujours au niveau des aspirations du citoyen. La tendance aux luttes marginales se fait toujours au détriment des questions pressantes et des préoccupations réelles des citoyens".

Mise à jour

"Pourquoi les lois d'un nombre d'institutions n'ont pas été mises à jour alors que quatre années se sont écoulées depuis l'adoption de la Constitution? Qu'attendons-nous pour mettre en place les nouvelles institutions créées par la Constitution?", s’est interrogé Mohammed VI, rappelant l’importance d’accélérer la mise en place de nouvelles institutions prévues par la Constitution, comme certaines institutions de défense des droits de l'Homme et de contrôle, le Conseil consultatif de la famille et de l'enfance ou encore le Conseil consultatif de la jeunesse et de l'action associative.

"S'agissant des textes soumis au parlement, nous appelons à l'accélération de l'adoption des projets des lois organiques relatives au pouvoir judiciaire, l'accélération de l'élection des membres de la Cour constitutionnelle, ainsi que la mise en œuvre des textes juridiques relatifs au Conseil de la Concurrence et de l'Instance Nationale de la Probité et de la Prévention de la Corruption", a-t-il ajouté, estimant que le travail qui attend les parlementaires pendant cette année "ne peut tolérer la perte de temps occasionnée par les conflits marginaux".

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