ALGÉRIE
11/10/2015 02h:20 CET | Actualisé 11/10/2015 02h:29 CET

Marathon international de Medghacen: le succès de la 6e édition a dépassé les attentes

Hamdi Baala pour le HuffPost Algérie

1200 participants ! Le marathon de Medghacen (Batna) organisé, samedi 10 octobre, a connu un succès qui a dépassé très largement les prévisions des organisateurs. Azzedine Guerfi, président des Amis de Medghacen, l'association organisatrice du marathon, le reconnait : l’engouement a dépassé toutes les attentes.

Les 1200 coureurs qui étaient au rendez-vous devant le complexe sportif 1er novembre à Batna pour participer aux 12km, 25km et au marathon, les trois épreuves de l’événement, ont provoqué une belle et affolante surprise.

"800 athlètes ont participé l'année dernière. On s'attendait donc cette année à un maximum de 1000 coureurs et on a prévu le même nombre de dossards, mais nous avions visiblement tort" explique à ce sujet Azzedine Guerfi.

Les membres de l’association ont dû courir dans tous les sens pour prendre en charge les centaines de coureurs, amateurs et professionnels, venus des quatre coins de l'Algérie. Mais aussi de huit autres pays.

De quoi imposer une mobilisation intense des membres de l’association aidée, fort heureusement, par d’autres bénévoles, pour transformer ce record de participation en réussite du marathon.

L'appui des bénévoles

"Des associations sportives de Batna nous apportent une aide importante. Il y a aussi des bénévoles des villages par où passe le tracé. Le marathon apporte beaucoup pour la région, pour le patrimoine, et les gens insistent pour aider", déclare Azzedine Guerfi.

Les coureurs, eux, n’ont pas boudé leur plaisir. A l’image de Salim Beghdali qui a terminé le marathon de Medghacen à la 11e place en deux heures trente-huit minutes. Pour une première participation à une épreuve du genre, la performance de cet athlète amateur de 28 ans est remarquable.

Se reposant après la fin de la course ce samedi 10 octobre au pied du tombeau de Medghacen (Batna), point d'arrivée du marathon, Salim Beghdali, encore suant, dit qu'il ne s’entraîne que depuis 2014.

A Bouira où il habite, et malgré le manque de moyens, il fait une distance de 30 km deux fois par semaine depuis presque une année. Il a également participé aux semi-marathons de Bouira et de Béjaia.

salim beghdali


"Je n'ai pas d'équipement professionnel. Nous n'avons même pas de piste d'athlétisme à Sour El Ghouzlane", regrette-t-il. Mais malgré cela, "je côtoie des athlètes professionnels des fois et j'en profite pour leur demander des astuces, des techniques...", indique-t-il.

"Si j'avais les moyens, je marquerai l'histoire de l'athlétisme en Algérie", affirme-t-il avec fierté, sa médaille finisher encore autour du cou. Même s'il avait l'ambition de finir au moins à la 5e place, la participation de Salim est un succès, à l'image de cette 6e édition du marathon international de Medghacen.

Patrimoine

L'idée, depuis la première édition, a été de mettre en valeur le patrimoine culturel de la région. En témoigne le point d'arrivée, à quelques pas du tombeau Medghacen, le plus ancien mausolée royal conservé en Afrique, datant de 3 à 4 siècles av. J-C. Il tirerait son nom d'un roi de la Numidie et fait partie des 100 monuments les plus en danger sur la planète.

medghacen


"Cette année, la nouveauté a été d'organiser des activités autour du marathon. En plus du village-exposant sur la place du théâtre au centre-ville, une conférence sur Medghacen a été organisée à la maison de la Culture", indique M. Guerfi.

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Potentiel "énorme"

Malgré quelques petits couacs dans l'organisation cette année, le marathon de Medghacen possède un potentiel de développement "énorme", estime Azzedine Guerfi. Il regrette toutefois un manque de collaboration de la part des autorités locales ainsi qu'une paranoïa sécuritaire, empêchant le passage de l’événement à une portée mondiale.

"La synergie société civile-autorités n'est pas tout à fait au point, mais il suffit parfois d'un tout petit changement pour que les choses aillent mieux", affirme-t-il.

"Il a suffi d'une discussion de 5 minutes avec le nouveau directeur de la Culture de Batna pour qu'il comprenne l'importance de l’événement et qu'il nous aide beaucoup. Ça n'a pas toujours été le cas", ajoute-t-il.

La présence, encore timide, des coureurs étrangers est due à la "doctrine sécuritaire" qui représente également un inconvénient. Selon lui, si la sécurité est nécessaire, "un coureur n'a pas forcément envie de voir un gendarme portant une Kalachnikov le suivant partout. En plus, ça renvoie une mauvaise image de l'Algérie".

Le marathon de Medghacen grandit d'année en année, mais pas trop vite, espère Salim Beghdali, car il va "gagner la prochaine édition", assure-t-il, toujours aussi confiant.

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