09/10/2015 20h:20 CET | Actualisé 09/10/2015 20h:29 CET

Afrique: Les transferts d'argent doivent ils être mieux régulés et moins chers?

FINANCE - L’Afrique est sans conteste le continent au cœur de la conversation mondiale sur les transferts d’argent. Pourvoyeur de migrants vers le nord, et doté d’une population faiblement bancarisée, le continent est en effet courtisé par la grande majorité des grands opérateurs de transfert d’argent, tels Western Union ou Xpressmoney.

Or, si le business du transfert d’argent international génère des chiffres à donner le tournis – l’on parle de près de 500 milliards de dollars annuels- il n’en reste pas moins régulé de manière inégale, malgré les mesures anti-terroristes drastiques mises en place après le 11 Septembre 2001. Souvent trop cher, il encourage les circuits parallèles et les transferts informels.

En Afrique, ce sont près de 60 milliards de dollars qui sont déversés sur le continent chaque année, ce qui signifie que les africains migrants sont les premiers pourvoyeurs de devises en faveur de leur continent.

Un problème de fond subsiste : le coût de ces transferts vers l’Afrique est exorbitant. Alors que la moyenne mondiale se situe actuellement autour de 7%, il n’est pas rare de constater des taux autour de 20% en Afrique, ce qui constitue un préjudice à la fois pour ceux qui envoient et ceux qui reçoivent.

Pourtant les transferts d’argent sont très utiles, pour les états comme pour les ménages en Afrique, et il y a lieu de les encourager au vu des nombreux bénéfices qu’ils apportent. En effet, ils permettent de lever des capitaux sur les marchés par les États et renforcent leurs capacités, puisqu’une grande partie des transferts sont investis dans le capital humain. Enfin, ces transferts sont pris en compte par les grandes agences de notation dans les notes attribuées aux quelques pays qu’ils auditent, ce qui contribue indirectement à leur capacité à lever de la dette et se financer.

Ainsi, toutes les parties prenantes devraient faciliter les transferts de fonds vers l’Afrique et maximiser la part se déroulant dans un cadre formel.

Plusieurs pistes ont été avancées dans ce sens, notamment à travers le développement de la concurrence ainsi que l’essor de moyens électroniques pour réaliser ces transferts; des actions qui réduiraient significativement le coût.

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