ALGÉRIE
09/10/2015 05h:01 CET | Actualisé 09/10/2015 05h:10 CET

Consultations "OPEP-non OPEP", chute de la production du pétrole de schiste aux Etats-Unis

La raffinerie d'Amuay dans la péninsule de Paraguaná au Venezuela
Wikimedia Commons
La raffinerie d'Amuay dans la péninsule de Paraguaná au Venezuela

Une "réunion technique" des pays membres de l'OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole") avec d'autres pays producteurs non membre de l'organisation (les NOPEP) aura lieu le 21 octobre prochain.

L'annonce a été faite jeudi par le ministre vénézuélien du Pétrole et des Mines et patron de la compagnie pétrolière publique PDVSA, Eulogio del Pino, qui n'a pas donné de précision sur le lieu de la réunion, ni le nom des pays participants.

Cette annonce est intervenue le jour même où le prix du baril repassé, brièvement et pour la première fois depuis juillet, au-dessus de la barre des 50 dollars.

Mais d'une manière plus significative, l'annonce de cette réunion intervient alors que les signaux s'accumulent d'une baisse de la production du pétrole de schiste du fait de la "guerre des prix" menée par les saoudiens.

Al-Badri, OPEP et NOPEP doivent agir ensemble

Selon le communiqué, M. del Pino a échangé avec son homologue russe, Alexandre Novak, notamment autour de la "collaboration entre membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et pays producteurs de pétrole non membre de l'organisation".

La question de la coopération de l'OPEP avec les producteurs non-membres pour traiter l'offre excédentaire de pétrole sur le marché mondiale a été évoquée, mardi à Londres, par son secrétaire général Abdullah al-Badri.

"Nous devrions tous travailler ensemble, Opep et non-Opep, pour en finir avec ce surplus d'offre. Il y a un problème auquel nous sommes tous confrontés : un excès d'offre de 200 millions de barils."

Le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak a eu une discussion, il y a une semaine, avec son homologue saoudien, Ali al-Naïmi, sur la situation du marché et du pétrole de schiste. Il a indiqué qu'il aura une autre rencontre avec lui dans les prochaines semaines.

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Les pays non-membres de l'OPEP, comme la Russie, ont refusé de réduire leur production malgré la chute des prix mais leurs investissements dans l'aval ont été réduits de 130 milliards de dollars en 2015, ce qui devrait automatiquement entrainer une baisse de leur production en 2016.

Le secrétaire général de l'OPEP espère un redressement du marché... dans deux ans. "Cette situation pourrait ne pas durer longtemps, pas plus de deux ans." . Trop long sans doute pour le Venezuela qui mène, sans succès du fait du refus saoudien, une politique active pour amener les pays producteurs, OPEP et NOPEP, à agir pour rééquilibrer le marché.

L'Arabie Saoudite s'oppose à une telle action en imposant une ligne de défense des parts de marché afin de contrer l'essor du pétrole de schiste américain. Une ligne qui met en grande difficulté des pays comme le Venezuela, l'Iran et l'Algérie dont l'économie est très largement tributaire des recettes hydrocarbures.

"Chute imminente" des huiles de schiste aux Etats-Unis

La réunion annoncée par le Venezuela intervient dans un contexte de relatif optimisme sur les perspectives de la consommation qui, selon le secrétaire général de l'Opep, Abdallah El-Badri, devrait "augmenter de 1,5 million de barils par jour (mbj) en 2015, plus que les projections initiales".

L'Arabie Saoudite, très critiquée, pourrait faire valoir que sa stratégie commence à porter ses fruits et que l'élan de la révolution des pétroles de schiste américains est freiné. C'est en effet un des éléments de "l'optimisme" des analystes sur les perspectives du marché : la "résistance" des producteurs d'huiles de schiste aux Etats-Unis a atteint ses limites.

Certains évoquent même une "chute imminente" en raison de la règle d'airain qui veut que celui qui produit le moins cher finit toujours par l'emporter.

La production aux Etats-Unis a baissé de 600.000 barils par jour (bpj) depuis la fin du premier trimestre 2015. Seul 614 puits sont en activité contre plus de 1500 un an auparavant.

L'ancien patron d'EOG Resources, Mark Papa, y voit les débuts d'une récession. "Nous sommes sur le point de voir une baisse assez dramatique de la croissance de la production des États-Unis." a-t-il déclaré mardi à la conférence annuelle Oil & Money.

A un prix moyen du baril de 45 dollars, les producteurs américains ne sont plus incités à investir dans de nouveaux forages. Selon Mark Papa, le bon prix pour les huiles de schistes est de 75 dollars.

Mais la baisse de la production américaine de l'ordre de 500.000 à 600.000 barils est loin de rétablir la situation dans un marché où l'excédent de l'offre dépasse les 2 millions de barils par jour. Tout continue largement de dépendre des choix que fera l'Arabie Saoudite.

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