MAROC
07/10/2015 04h:43 CET | Actualisé 09/10/2015 16h:16 CET

Philip Morris part en guerre contre le commerce illicite du tabac (VIDÉO)

CONTREBANDE - Une cigarette sur dix fumées dans le monde proviendrait du commerce illicite du tabac. Un phénomène loin d’épargner le Maroc où environ 2 milliards de cigarettes proviennent de la contrebande, selon les chiffres de la douane. Un fléau contre lequel le géant américain Philip Morris International entend lutter en lançant une vaste campagne de sensibilisation intitulée "Tous contre le commerce illicite".

D’après les données officielles, le Maroc compte environ 7 millions de fumeurs dont 500.000 mineurs, ce qui fait du royaume l'un des plus grands consommateurs de tabac au monde.

A l’heure où le trafic illégal de cigarettes connaît une progression inquiétante au Maroc, le géant américain Philip Morris International s’est fixé un objectif ambitieux: combattre ou à défaut "stabiliser le taux de pénétration du commerce illicite au Maroc", a indiqué Vassilis Ckatzelis, directeur général de Philip Morris Maroc, à l’occasion d’un point presse qui s’est tenu à Casablanca mardi.

2,5 milliards de dirhams de perte

Si le phénomène fait perdre 2,5 milliards de dirhams de recettes fiscales par an à l’Etat, le fabricant de la marque Marlboro s’avoue également durement impacté avec un manque à gagner estimé à 300 millions de dirhams par an.

En lançant il y a un peu plus d’un mois, un nouveau design de cigarettes Marlboro spécialement conçu pour le Maroc, Philip Morris entend ainsi donner aux consommateurs marocains la possibilité de discerner le vrai du faux, le local de l’étranger, tout en assurant la traçabilité de leur produit.

Une nouveauté qui s’inscrit dans une vaste opération de communication à travers les médias, des affichages, et un site internet sur le point d’être lancé mais aussi une campagne de sensibilisation auprès du grand public avec le déploiement d’agents directement sur les lieux de vente au plus proche des revendeurs et des consommateurs.

"Les consommateurs marocains sont très conservateurs, nous prenons un gros risque en créant cette cigarette qui se différencie des autres pour lutter contre le commerce illicite", tient à souligner le directeur général. A noter que c’est la "première initiative de changement de design opéré dans le but de lutter contre le commerce illicite", poursuit Abla Benslimane, Manager Corporate Affairs de Philip Morris Maroc.

Pour mieux comprendre le phénomène, il faut tout d’abord identifier les différentes catégories de produits illégaux en circulation. Au nombre de quatre, elles comprennent la contrebande, la contrefaçon, les "illicit whites", soit les produits de tabac introduits sur un marché où existe une distribution limitée ou illégale ainsi que la sous-déclaration des produits.

La contrebande gagne du terrain

A noter qu’au Maroc 70% du trafic provient de la frontière algérienne. "Il y a au Maroc une certaine connaissance de la contrebande, mais on ne sait pas à quel degré, on ne sent pas forcément l’impact, l’idée de la contrebande touche pourtant tout le monde, fumeurs et non fumeurs, elle touche à l’économie, à la société, à la délinquance, au crime organisé, et aux revenus de l’Etat", ajoute la Manager Corporate Affairs de Philip Morris Maroc.

Outre les bénéfices importants générés par les organisations criminelles en provenance de la vente de cigarettes illégales, d’autres facteurs entrent également en jeu notamment le prix du paquet et la fiscalité. "Au Maroc le produit est trop cher par rapport au pouvoir d’achat", souligne ainsi le management de Philip Morris Maroc ajoutant qu’une offre légale de cigarettes se situant entre "12 et 18 dirhams participerait à la diminution sensible du recours à la contrebande".

Un argument qui fait sens selon Philip Morris International dans la mesure où le commerce illicite gagne de plus en plus de terrain au Maroc, passant de 12,8 % à 14% de part de marché, toujours selon les chiffres de l’administration des impôts communiqués par le leader de l’industrie tabatière.

"Le prix impacte directement le commerce illicite et bien sûr le prix est impacté directement par la taxe", précise également Abla Benslimane qui plaide pour une réforme fiscale graduelle en ce sens.

Les taxes sur les cigarettes au Maroc représentent environ 70% du prix de vente, un niveau pourtant jugé insuffisamment élevé par l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, dans son rapport 2015 sur "l’épidémie du tabac" dans le monde. A ce titre, les recommandations de l'OMS faites au Maroc sont claires: augmenter les taxes et les prix des cigarettes.

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