ALGÉRIE
07/10/2015 17h:11 CET | Actualisé 08/10/2015 03h:44 CET

Soudain, quatre "moustaârabines" ouvrent le feu sur les Palestiniens

AFP

En quelques secondes, les Palestiniens qui lançaient des pierres ont vu quatre d'entre eux sortir leurs armes et leur tirer dessus. Malgré leurs visages masqués par le keffieh, ces quatre-là n'étaient pas de leur bord.

"Moustaaribine!" Le mot détesté se propage alors parmi la centaine de Palestiniens qui, depuis des heures, affrontent les soldats israéliens au poste de contrôle de Bet El, à l'entrée de Ramallah.

بالفيديو| لحظة تسلل الوحدات الخاصة الإسرائيلية (المستعربون) لاختطاف شبان فلسطينيين خلال مواجهات "بيت إيل" شمال مدينة #البيرة ظهر اليوم.تصوير عماد سعيد- AP

Posted by Al-Rimawi Photography on mercredi 7 octobre 2015

Le terme "Moustaaribine", ou "المستعربون" en arabe, désigne ces hommes des services de l'occupation israélienne infiltrés dans les rassemblements pour mettre la main sur les agitateurs. Ils sont juifs, Arabes israéliens, Druzes ou bédouins, parlent arabe comme les Palestiniens et leur ressemblent physiquement.

Les "moustaaribine" de Bet El étaient là depuis une demi-heure au moins, ont constaté les journalistes de l'AFP qui ont capturé les événements en images vidéo et photo.

Impossible de reconnaître l'ennemi en son sein: dans les heurts qui secouent la Cisjordanie et Jérusalem-Est occupées, tout le monde a le visage masqué, recouvert du traditionnel foulard à carreaux palestinien ou d'un tee-shirt noué.

Arrivés avec leur sac à dos, en baskets et tee-shirts aux couleurs vives, en maillots du Barça ou de l'équipe de France de foot, ils se sont fondus parmi les étudiants qui avaient appelé à une "journée de colère". L'un d'eux avait laissé dépasser une écharpe verte du mouvement islamiste Hamas de la poche de son jeans.

Répondant à l'appel lancé avec une rare unanimité par les syndicats étudiants, les manifestants étaient partis de l'université de Bir Zeit, avec un mot d'ordre: "Bir Zeit a été un bastion de l'intifada, elle doit de nouveau mener le mouvement".

Les heurts ont éclaté aussitôt arrivés à Bet El, devenu l'un des lieux quotidiens de l'escalade récente des violences.

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Un trou à l'arrière du crâne

Les "moustaaribine" ont rejoint la première ligne, celle faisant face à quelques dizaines de mètres aux soldats de l'occupation postés avec leur jeeps et leurs blindés. Comme les autres, ils ont lancé des pierres, se sont recroquevillés derrière une benne à ordures servant de barricade de fortune contre les balles en caoutchouc qui se mêlent aux tirs de gaz lacrymogènes et aux projectiles assourdissants.

Soudain, ils ont resserré les rangs et sorti les pistolets de leurs ceintures pour arrêter des meneurs. Tout va alors très vite, les manifestants ont compris. Les pierres tombent sur les "moustaaribine". Quatre d'entre eux pointent leurs armes et tirent. Trois autres, sans arme, attrapent deux jeunes blessés et les rouent de coup.

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Un jeune qui s'enfuit en courant est touché par une balle à l'arrière du crâne.

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Les soldats de l'occupation israélienne arrivent à la rescousse et tirent en l'air. Ensemble, "moustaaribine" et éléments des forces de l'occupationj se saisissent des trois jeunes, qu'ils transportent vers les jeeps et les blindés, laissant des traînées de sang sur le sol.

"Attention, ils ont arrêté des jeunes, ce sont des moustaarabine", lance un jeune dans la cohue. "Il y en a toujours au milieu de la foule", lance un autre. Dans le reflux, on parle des "blessés, emportés, arrêtés".

L'intervention des agents infiltrés de l'occupation est une occurrence connue des familiers des manifestations en Cisjordanie ou à Jérusalem.

Il a aussi confirmé que l'un des blessés de Bet El était entre les mains d'Israël dans un état critique.

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