ALGÉRIE
06/10/2015 12h:23 CET | Actualisé 06/10/2015 12h:23 CET

Piégé par les eaux en France, l'écrivain Yasmina Khadra raconte

AFP

"C'était vraiment apocalyptique", raconte l'écrivain Yasmina Khadra, qui s'est retrouvé pris au piège dans sa voiture,

samedi soir près de Mouans-Sartoux, en Alpes-Maritimes en France, en raison des intempéries.

L'auteur de "La dernière nuit du Raïs" revenait d'un festival littéraire quand il s'est retrouvé coincé dans sa voiture par "les pluies diluviennes" qui ont touché la région.

"On avait fini de dîner et nous rejoignions notre hôtel en voiture", explique l'écrivain à l'AFP. Dans l'auto, conduite par un bénévole du salon, les occupants plaisantent sur cette pluie qui tombe de plus en plus fort.

"Le moteur a calé tout de suite"

Une partie de la route est submergée par les eaux. La voiture s'engage tout de même mais se retrouve aussitôt prisonnière. "C'était en fait assez profond. Le moteur a calé tout de suite", dit l'écrivain accompagné de trois autres auteurs dont deux Américains. "On a attendu, attendu", dit-il. Un appel aux pompiers demeure vain. "Ils étaient occupés à secourir d'autres victimes" les excuse Yasmina Khadra.

"Les dégâts étaient si importants ailleurs que toutes les forces de secours étaient mobilisées", insiste-t-il.

"Nous sommes sortis par la fenêtre"

"On est resté une vingtaine de minutes dans la voiture et l'eau montait, montait", se souvient l'écrivain. "La pluie est devenue déluge." Prenant enfin conscience du danger, les occupants du véhicule décident de sortir de la voiture.

"Nous sommes sortis par la fenêtre", dit-il, alors que l'eau commence à recouvrir les sièges du véhicule. Une fois sortis du véhicule, Yasmina Khadra et ses compagnons ont de l'eau "jusqu'à la ceinture".

Par chance, le réseau téléphonique fonctionne encore. Le chauffeur parvient à appeler les organisateurs du festival littéraire qui réussissent à envoyer une voiture pour venir récupérer les naufragés trempés jusqu'aux os. "Heureusement, nous n'étions pas trop loin du salon", dit Yasmina Khadra.

Situation ubuesque

Sur la route de nouveau, Yasmina Khadra et ses compagnons se rendent compte que "la situation est devenue ubuesque".

L'autoroute qu'ils pensaient rejoindre pour plus de sécurité est fermée en raison d'un accident. La pluie s'acharne et la foudre s'abat sans discontinuer. "Les éclairs fulminaient toutes les 3 ou 4 secondes", dit-il. L'équipage trouve refuge dans un gymnase le temps que la pluie se calme un peu.

"C'est plus tard que nous nous sommes rendus compte de l'ampleur terrible de la catastrophe", raconte Yasmina Khadra. "Ce qui nous est arrivé à nous relève juste de l'anecdote", minimise-t-il. "Nous avons été choqués par ce qui s'est passé aux alentours. C'est tragique", affirme l'écrivain algérien.

Dimanche, le romancier a tenu à être présent au salon où une minute de silence a été observée en mémoire des victimes. "Sur place, c'était terrible. Il y avait des arbres au travers de la chaussée, des véhicules étaient retournés", dit l'écrivain qui raconte que

"les gens de la région eux-mêmes n'avaient jamais vu ça".

Un autocar a été affrété le dimanche pour permettre aux auteurs de quitter la région. La gare de Cannes étant fermée il a fallu transporter les écrivains jusqu'à Aix-en-Provence.

"Tous sont partis (d'Aix) sans encombre, mais cerise sur le gâteau, un sanglier a traversé la voie et a immobilisé le train pendant un bon moment", a raconté sur le site de Livres-Hebdo la commissaire du festival de Mouans-Sartous, Marie-Louise Gourdon.

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