MAROC
06/10/2015 04h:32 CET | Actualisé 07/10/2015 06h:42 CET

Service médical obligatoire: Le bras de fer entre le ministre de la Santé et les blouses blanches continue

Le bras de fer entre El Ouardi et les blouses blanches continue
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Le bras de fer entre El Ouardi et les blouses blanches continue

SANTÉ - Le torchon brûle entre le ministre de la Santé et les blouses blanches. Lundi 5 octobre, lors d’un point de presse tenu à Rabat, Houcine El Ouardi a annoncé maintenir son projet de service obligatoire, qui oblige les jeunes médecins à travailler dans les régions lointaines et enclavées.

Un projet "porté par le gouvernement et non par le ministère de la Santé", selon El Ouardi. Preuve qu’il ne compte pas lâcher du lest: l’exécutif aurait donné son accord pour "mettre à sa disposition 1 milliard de dirhams pour acquérir le matériel nécessaire pour les établissements de soins dans les régions reculées", a-t-il fait savoir.

Arguments mis en avant par le ministre: le service sanitaire obligatoire permet de "garantir une distribution équitable des ressources humaines, d’assurer le fonctionnement de tous les établissements de santé et de faire profiter les médecins concernés par ce service des mêmes avantages que les médecins officiels".

Du côté des médecins résidents et externes, la fronde se fait de plus en plus sentir. "Les déclarations du ministre de la Santé prouvent que le dialogue n’a pas été ouvert, et que le ministre vise avant tout à absorber la colère et dissiper les forces des résidents et externes et des étudiants en médecine", estime le Dr. Oussama El Adaoui, président de l'Association des médecins internes du CHU Ibn Rochd de Casablanca, joint par le HuffPost Maroc.

Grève illimitée

Pour faire entendre leur voix, les blouses blanches annoncent que la grève illimitée commencée le 1er octobre se poursuit. "Une marche de protestation est prévue jeudi matin dans les cinq centres hospitaliers universitaires du pays (Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès et Oujda, ndlr)", nous confie Dr El Adaoui, ajoutant qu’une conférence de presse se tiendra jeudi après-midi au foyer d'internat El Faidouzi au CHU Ibn Rochd de Casablanca.

Qu’en est-il des étudiants en médecine, plus que jamais sous la menace d’une année blanche? "Le ministre a lui-même annoncé que les étudiants risquaient de passer une année blanche, ce qui s’apparente à un manque de responsabilité dans la mesure où il semble ne pas s’inquiéter des conséquences cela peut avoir", fustige Dr El Adaoui.

En attendant, seuls les services d'urgences et de réanimation sont assurés dans les différents CHU du pays.

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