ALGÉRIE
06/10/2015 08h:50 CET | Actualisé 06/10/2015 08h:51 CET

Syrie: nouvel incident russo-turc, l'aviation russe vise Palmyre

Image tirée d'une vidéo diffusée sur le site du ministère russe de la Défense, le 6 octobre 2015, montrant le largage d'une bombe lors d'une frappe aérienne russe en Syrie
AFP
Image tirée d'une vidéo diffusée sur le site du ministère russe de la Défense, le 6 octobre 2015, montrant le largage d'une bombe lors d'une frappe aérienne russe en Syrie

L'Otan a accusé mardi la Russie d'avoir pénétré intentionnellement à deux reprises dans l'espace aérien turc en menant sa campagne de frappes sur la Syrie, qui s'est poursuivie avec des premiers raids sur Palmyre.

"Ce n'est pas un accident. Il s'agit d'une sérieuse violation", a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, en faisant référence aux incidents survenus le week-end dernier entre des avions russes et turcs près de la frontière syrienne.

Il a demandé à Moscou que "cela ne se reproduise pas".

La Turquie a pour sa part convoqué à deux reprises l'ambassadeur de Russie pour "protester fermement après la violation de l'espace aérien dimanche". Elle l'a averti que "la Russie serait tenue responsable" si de tels incidents se reproduisaient.

L'armée turque avait annoncé lundi que "deux F-16 (avaient) été harcelés par un MiG-29 -- dont le pays n'a pu être identifié - pendant au total cinq minutes et 40 secondes" dimanche.

Samedi, des avions turcs avaient intercepté un chasseur de l'armée de l'air russe et l'avaient forcé à faire demi-tour.

Selon Moscou, cette incursion russe dans l'espace aérien turc n'a duré que "quelques secondes" et a été causée par les "mauvaises conditions météo".

En fait, l'aéroport où sont basés les appareils russes, près de la ville balnéaire de Lattaquié, se trouve à moins à 50 km de la Turquie et la chasse russe frappe les rebelles qui se trouvent à la lisière de la frontière syro-turque.

Palmyre visé

Une source militaire syrienne a par ailleurs annoncé que "l'aviation russe, en coordination avec l'aviation syrienne" avait "frappé des positions tenues par l'EI dans la ville de Palmyre et ses alentours, détruisant 20 véhicules blindés, trois dépôts de munitions et trois lance-roquettes".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les Russes ont mené au moins 30 raids contre Palmyre lundi et dans la nuit, qui ont fait 15 morts dans les rangs des combattants jihadistes.

Située dans le désert au centre de la Syrie, Palmyre est mondialement connue pour sa cité antique classée au patrimoine de l'Humanité.

Depuis qu'il en a pris le contrôle en mai, l'EI y a détruit progressivement les plus beaux monuments: deux temples, dont celui de Bêl, trois plus belles tours funéraires, et dimanche l'arc de Triomphe, qui date de l'empereur Septime Sevère (193 à 211).

Selon l'OSDH, parmi les frappes lancées lundi par l'aviation russe, quatre ont visé Raqa, principal fief de l'EI dans le nord-est, où quatre jihadistes ont été tués.

Les opérations 'vont s'étendre'

Durant la première semaine de leur intervention à la demande du président syrien Bachar al-Assad, les appareils russes ont surtout cherché à couper les liaisons entre rebelles dans les provinces du centre, du nord et de l'ouest de la Syrie, a affirmé un haut responsable militaire.

Il a indiqué au quotidien libanais al-Akhbar que "les récentes frappes russes visent dans une première étape des points de concentration des groupes armés situés à l'intersection de différentes provinces". Il a donné comme exemple Talbissé et Rastane qui relient celles d'Homs et d'Hama, ou Jisr al-Choughour entre celles d'Idleb et Lataquié.

Ces positions sont tenues par les islamistes et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, qui ont été dans la ligne de mire à plusieurs reprises des bombardiers russes.

Une source militaire syrienne a précisé à l'AFP que les opérations étaient "toujours dans la première étape" mais qu'elles allaient "s'étendre et durer plusieurs mois". "Elles ont visé pour le moment des secteurs stratégiques qui relient entre elles les capitales provinciales", a-t-il souligné.

Cette source a démenti les informations "sur une opération militaire terrestre imminente" car "c'est maintenant le temps des opérations aériennes menées par les Russes".

Elle a précisé que "les mouvements du Hezbollah et de l'Iran", deux soutiens actifs du régime, n'avaient "pas changé depuis un an".

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