MAGHREB
06/10/2015 09h:50 CET | Actualisé 06/10/2015 10h:04 CET

Tunisie - Béji Caïd Essebsi: Sans la loi sur la réconciliation, "il n'y aura ni investissement intérieur ni investissement étranger"

POLITIQUE - En Egypte, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a réitéré son attachement au projet de loi sur la réconciliation économique et financière nationale qu'il considère comme étant la solution "primordiale" à la crise économique en Tunisie.

Dans une interview diffusée sur la chaîne de télévision égyptienne CBC, qu'il a accordée en marge de sa visite en Egypte, il a été interrogé sur les solutions que propose le gouvernement tunisien pour faire face à la crise économique.

"Premièrement, la loi de la réconciliation", a-t-il répondu. Cette loi créera, selon lui, "un climat adéquat pour l'investissement. Et sans cette loi, il n'y aura ni investissement intérieur ni investissement étranger".

"Il y a des choses primordiales qu'il faut réaliser (...) Actuellement en Tunisie, le climat n'est pas favorable à ce que l'investissement intérieur prenne sa place (...) car plusieurs (hommes d'affaires) ont peur des poursuites judiciaires", a-t-il ajouté.

"Deux millions de Tunisiens étaient dans cette voie (RCD). Doit-on tous les tuer pour satisfaire l'opposition?", s'est-il interrogé. "C'est quelque chose qui est dépassé", a-t-il assuré.

Le président a également critiqué "la justice transitionnelle" qui, selon lui, "n'a pas donné de résultats".

"On ne peut pas attendre ce qui est interminable. Le pays n'attend pas. L'économie n'attend pas", a-t-il martelé.

En Tunisie c'est l’Instance Vérité et Dignité (IVD) qui se charge du problème épineux de la justice transitionnelle. Sauf que depuis sa création elle a été confrontée à des démissions en chaîne de ses membres, ainsi qu'à un conflit ouvert avec la présidence.

"Il faudrait qu'on accélère la solution sans toucher au rôle de la justice transitionnelle", a-t-il ajouté, affirmant que le rôle de l'IVD n'était pas économique mais qu'il résidait plutôt dans les affaires relatives aux droits humains.

Présenté par la présidence en conseil des ministres mi-juillet, ce projet de loi controversé prévoit l'amnistie de personnes poursuivies pour corruption en échange d'un remboursement et d'une pénalité financière. Il fait l'objet de vives critiques au sein de partis politiques et de la société civile.

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