MAGHREB
05/10/2015 12h:30 CET | Actualisé 05/10/2015 13h:31 CET

Un journaliste tunisien menace de révéler les noms de commanditaires d'assassinats politiques et d'attentats (VIDÉO)

MÉDIAS - Après avoir affirmé qu'il avait été victime d'une tentative d'assassinat "dans un café en face de sa maison" à Tunis, Moez Ben Gharbia a publié dimanche une vidéo dans laquelle il dit craindre d'être tué par "ceux qui ont tué Chokri Belaid et Mohammed Brahmi". Il y menace de révéler des informations sur "des bandes mafieuses" responsables notamment de la mort de Tarek Mekki et de Fawzi Ben Mrad.

Se disant être "à l'abri" dans un hôtel en Suisse depuis vendredi dernier, l'animateur vedette et directeur de la chaîne Attessia, a rappelé les origines de l'affaire:

Alors qu'il était dans ce café mardi dernier dans le quartier d'Ennasr, il aurait remarqué la présence d'"un homme écoutant son téléphone sans dire un mot, pendant 15 minutes". L'animateur aurait alors prévenu la police qui a fini par interpeler l'homme et deux autres suspects, tous "Libyens". Cette plainte ainsi que l'enquête sur les trois personnes accusées, ont été confirmées par le ministère de l'Intérieur.

"Toute l'enquête qui a eu lieu confirme clairement qu'il y avait une tentative de m'assassiner", a martelé Moez Ben Gharbia dans cette vidéo d'environ 30 minutes. Mais, selon lui, le procureur de la République aurait quand même libéré ces personnes, "simplement pour qu'elles ne soient pas transférées devant le juge d'instruction".

Le jour suivant, "des personnes honnêtes du ministère de l'Intérieur m'ont livré des détails sur les appels (des accusés). Il y a des numéros étranges et douteux de parties à l'intérieur (de la Tunisie)", a-t-il dit, mettant en cause des "services de renseignement étrangers", sans ajouter plus de précisions.

"La police Suisse est courant des détails du sujet (...) Ce pays où le citoyen est respecté et où sa sécurité est assurée", a-t-il indiqué.

Contacté par le HuffPost Tunisie, le service de presse de l'Ambassade de Suisse en Tunisie a indiqué qu'il n'était pas en mesure de donner aucune information à ce sujet.

Des menaces de révélations sur les attentats

"Ceux qui ont tué Chokri Belaid et Mohammed Brahmi sont les mêmes qui ont voulu me tuer mardi et ce sont aussi les mêmes qui se trouvent dans cet hôtel (en Suisse)", a-t-il affirmé.

A propos de Tarek Mekki, un opposant politique mort en 2012, Moez Ben Gharbia a assuré qu'il savait "très bien comment il était mort et qui lui avait mis du viagra dans son jus pour qu'il meure".

"Je sais comment Fawzi Ben Mrad (avocat et membre du collectif de défense de Chokri Belaïd) est mort (...) J'ai toutes les preuves", a-t-il ajouté.

Des rumeurs d'assassinat avaient circulé à la suite de la mort de Tarek Mekki (en 2012) et de Fawzi Ben Mrad (2013).

"Je sais exactement ce qui s'est passé au Bardo et à l'hôtel Impérial (attaque de Sousse) et ceux qui sont impliqués à l'intérieur et à l'extérieur (du pays)", a poursuivi Moez Ben Gharbia.

Contacté par le HuffPost Tunisie, Sofiène Shili, attaché de presse du ministère de la Justice, a affirmé qu'aucune enquête n'a été ouverte par le parquet pour le moment. Le ministère de l'Intérieur quant à lui était injoignable.

Après les attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015, Moez Ben Gharbia avait été menacé de mort par Kamel Zarrouk, affilié à l'organisation classée terroriste 'Ansar Al Chariâa', pour son soutien au magazine satirique.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.