MAROC
05/10/2015 08h:53 CET | Actualisé 05/10/2015 11h:26 CET

Human Rights Watch répond à Mustapha El Khalfi

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DROITS DE L'HOMME - Alors que le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Mustapha El Khalfi vient de dénoncer "le manque complet de neutralité et d'objectivité des rapports de Human Rights Watch", ouvrant la voie à une suspension de la coopération avec l’ONG, cette dernière se défend.

Dans un communiqué publié sur son site, l’association dont le siège se trouve à New York "déplore la lettre envoyée par le porte-parole du gouvernement marocain, le 23 septembre 2015, réclamant que l’organisation suspende ses activités au Maroc et l’accusant de subjectivité et de parti-pris sans toutefois spécifier ces accusations", rappelant que le gouvernement a publié une version anglaise de la lettre, le 23 octobre dans les colonnes du Wall Street Journal.

L'ONG fait ensuite savoir que durant les 25 dernières années, elle a pu travailler au Maroc "sans que le gouvernement ne dresse d’obstacles significatifs sur sa route", et ajoute "qu’en réponse à une demande de rendez-vous formulée par des représentants du gouvernement, Human Rights Watch a proposé plusieurs dates dans les prochains jours, dans l’espoir que le Maroc retrouve rapidement son rang parmi les pays ouverts aux organisations indépendantes des droits de l’homme - dont Human Rights Watch".

Pour rappel, le porte-parole du gouvernement avait également estimé, dans sa lettre adressée au directeur de HRW et révélée par le journal français L'Opinion, que l'ONG menait "une politique préméditée, systématique et injustifiée de dénigrement et de dévalorisation des réformés significatives mises en oeuvre, en dépit du fait que ces réformes ont été largement reconnues et saluées par les autres".

Chose surprenante: le ministre avait reproché aux enquêteurs de l’ONG américaine d"user et abuser de l’ouverture du Maroc et de son hospitalité", préférant "joindre l’utile à l’agréable au Maroc" et "combiner de longues séances de shopping avec quelques rencontres".

En février 2014, El Khalfi avait déjà fustigé l’ONG après la publication de son rapport annuel sur les droits de l’Homme, qualifié de "totalement injuste" par le ministre de la Communication.

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