ALGÉRIE
04/10/2015 10h:06 CET | Actualisé 04/10/2015 10h:06 CET

Les prix Nobel n'ont pas tous fait le bien

AFP

Il a une image pacifique et humaniste, mais le prix Nobel a aussi une histoire sombre, ayant récompensé des scientifiques promoteurs des armes chimiques et de la lobotomie, ou célébré la fission nucléaire juste après Hiroshima.

Les polémiques du Nobel ont été innombrables, entre les écrivains primés quoique inconnus, les chercheurs qui clamaient avoir fait une découverte avant un lauréat, ou les prix de la paix qui divisaient.

En sciences, certaines lignes du palmarès peuvent paraître gênantes avec le recul.

Quand en 2013 le Nobel de la paix récompensa l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, il réparait un peu un prix Nobel de la guerre, celui de chimie de 1918, décerné à l'Allemand Fritz Haber.

Récompensé pour des travaux sur l'ammoniac décisifs pour l'agronomie, Haber a été surnommé "le chimiste de la mort" à cause de son ardeur à développer des gaz de sinistre mémoire, dont il supervisera lui-même l'usage à Ypres (Belgique).

Après la défaite, "il ne s'attendait pas à recevoir un prix. Il craignait plutôt de passer en cour martiale", explique à l'AFP la chimiste Inger Ingmanson, qui lui a consacré un livre. "Certains l'ont vu comme un prix germanophile. Il y avait des gens qui auraient voulu que la Suède entre en guerre aux côtés de l'Allemagne".

Le prix reste l'un des plus controversés, car le jury ne pouvait ignorer ni le rôle précis de Haber, ni les effets terribles du chlore sur le front. Mais il avait apporté au monde des engrais révolutionnaires.

Un autre chimiste qui travaillait sur les gaz de combat, le Français Victor Grignard, a obtenu le prix Nobel. C'était avant la Grande Guerre, en 1912.

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