ALGÉRIE
03/10/2015 14h:01 CET | Actualisé 04/10/2015 02h:36 CET

Béjaïa: un site archéologique berbéro-romain décapé, un collectif demande sa classification au patrimoine

Facebook/brahim.tazaghart

Le site archéologique de Tavlast, vieux de 2500 ans et situé dans la localité de Allaghane, commune de Tazmalt, sise à environ 70 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Bajaïa, a failli être entièrement décapé par une entreprise chinoise pour la réalisation de la pénétrante reliant de la wilaya de Béjaïa à l'autoroute est-ouest. Un massacre qui a rapidement suscité la colère et mobilisé les habitants d'Allaghane, qui ont vivement dénoncé ces travaux, plaidant auprès de la Direction de la Culture pour la classification de ce site au patrimoine archéologique et culturel national.

Ce site, dont une partie a été détériorée, était sur le point de subir un décapage de la part de la société chinoise China Railway Construction Corporation (CRCC) quand les habitants de la localité, remarquant les engins de travaux publics, sont intervenus pour stopper le massacre.

Un collectif, mené par Djamel Arezki, inspecteur d’éducation et doctorant en sciences sociales à l’EHSS de Paris, spécialisé en anthropologie et ethnologie, s'est constitué pour dénoncer ce décapage, explique le quotidien francophone El Watan.

Selon Djamel Arezki, la CRCC ne disposait pas d'une autorisation lui permettant de procéder à ces travaux. La même source affirme que l'entreprise chinoise détenait un simple PV, cosigné par un responsable de l’Agence Nationale des Autoroutes (ANA) et un responsable de l’APC de Tazmalt.

Après avoir été contacté par le collectif d'habitants de Tazmalt, une commission chargée de la protection du patrimoine, relevant de la Direction de la Culture de la wilaya de Béjaïa a été dépêchée sur le site archéologique. La chef de daïra avait alors ordonné l'arrêt des travaux de l'entreprise chinoise.

Djamel Arezki, relayé par Reporters, avait fait remarquer "des dégâts irréversibles", détaillant la "destruction d’un mur de pierres taillées dont certaines portent des inscriptions et des représentations graphiques, de la dispersion d’objets et d’ustensiles archéologiques".

Dans une déclaration, les habitants de la localité ont ainsi demandé aux autorités compétentes d'agir dans l'immédiat pour la sauvegarde, la protection et le classement de ce site comme patrimoine archéologique et culturel, et de la mémoire collective du pays.

Contrairement aux informations relatées par plusieurs médias, Tavlast n'a pas été classé au patrimoine, a-t-on indiqué auprès d'un responsable au ministère de la Culture, chargé du patrimoine.

Plusieurs hypothèses ont été avancées sur la nature de ce site et son origine. Si certaines estiment que Tavlast est un limes romain, situé sur une ancienne voie romaine rattachant Saldae (Béjaïa) et Tiklàt (Tubusuptu) à d’autres localités, d'autres ont avancé que le site, dont l'appellation est dérivée du romain "Tablastensis", était un "casernement" de soldats romains.

L'archéologue français Jean Pierre Laporte, qui avait travaillé pour l'Agence nationale d´archéologie à Tizi Ouzou de 1969 à 1971, réfute et interprète le nom de Thavlast comme celui de l'emplacement d'une petite ville berbéro-romaine.

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