MAGHREB
02/10/2015 12h:43 CET

71% des femmes tunisiennes pensent que la Tunisie va dans la mauvaise direction, selon une étude

NDI

Le niveau d'insatisfaction est très important chez les femmes tunisiennes dont 71% pensent que la Tunisie va dans la mauvaise direction.

Les priorités de la femme tunisienne sont, quant à elles, nivelées. On retrouve l'emploi à la première place avec 51%, la sécurité (surtout dans les lieux publics) avec 38%, suivi du niveau de vie avec 37%.

C'est ce que révèle un sondage d'opinion national en dialecte tunisien qui a été réalisé par l’Institut National Démocratique pour les Affaires Internationales (NDI) sur un échantillon représentatif de 1527 femmes dans tout le pays, à raison de dix familles choisies au hasard pour chacune des 150 localités ciblées.

Le rapport, publié le 28 septembre, regroupe les avis des femmes interrogées sur la situation générale du pays. Système d'éducation et de santé, infrastructure, sécurité, violence contre les femmes, emploi et économie ou encore vie politique, tout a été passé au crible.

Violences, éducation, santé, qu'en pensent les femmes interrogées?

"Le NDI espère que les résultats de cette enquête pourront être utiles et fournir des pistes pouvant aider différents acteurs dans leur prise de décision, la mise en œuvre de projets et de politiques", a déclaré madame Marie-Ève Bilodeau, Directrice du NDI en Tunisie.

73% des femmes interviewées se disent insatisfaites des conditions environnementales et de la propreté, de l'état des routes et celui de l'eau potable. Un taux aussi important désapprouve la situation des espaces culturels et de loisirs.

Pourtant une majorité a déclaré être satisfaite d'un nombre de services et infrastructures comme l'électricité dans les lieux d'habitation et dans les lieux publics, le transport privé et public, l'accès à internet et les services de communication.

85% des interrogées considèrent le système éducatif insatisfaisant et lui reprochent son manque d'adaptation aux besoins du marché de l'emploi, un contenu pédagogique non adéquat, des enseignants incompétents, des infrastructures non conformes aux besoins des citoyens et souvent très éloignées des lieux d'habitation. Seules 25% d'entre elles pensent que la diminution des grèves améliorera le système d'éducation.

Le système de santé n'en est pas moins critiqué. Plus de 74% d'insatisfaction pour des causes multiples dont les plus importantes sont: le manque d'équipement, les rapports humains, le coût jugé élevé et la couverture sociale. 60% des femmes trouvent insuffisants les congés de maternité. Sur les 23% des Tunisiennes questionnées ayant déclaré avoir subi des violences, 56,7% sont divorcées. La forme la plus commune de violence infligée aux femmes s'avère être psychologique et verbale.

La participation des femmes dans les débats socio-politiques est considérée suffisante par 52% des femmes ayant participé au sondage dont la majorité s'estiment informées sur l'actualité politique en Tunisie. Pourtant seules 14% avaient déclaré connaître la décentralisation, avec 21% de ce taux qui ont su l'expliquer.

"Même s’il existe quelques rayons positifs, surtout au niveau de l’infrastructure et de la situation sécuritaire, la grande majorité des Tunisiennes interrogées croit que la situation politique et économique générale se détériore et qu’il reste encore d’importantes améliorations à apporter à la sécurité en général, aux systèmes publics de santé et de l’éducation, et aux statuts économique, social et politique de la femme tunisienne", selon le rapport du NDI.

Le niveau d'insatisfaction diffère entre les régions. Il existe une nette augmentation dans les régions de l'intérieur. Cette insatisfaction décroit, cependant, avec l'âge.

Le NDI est une organisation non gouvernementale, non partisane, à but non lucratif qui œuvre pour le renforcement et le développement de la démocratie dans plus de 70 pays de par le monde. Installée depuis 2011 en Tunisie, l'organisation a mené des sondages d'opinion national sur divers sujets dont les élections de 2011 et de 2014. Elle opte à promouvoir des élections libres, la participation citoyenne, la transparence en matière de gestion publique.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.