ALGÉRIE
30/09/2015 08h:51 CET | Actualisé 30/09/2015 08h:59 CET

Syrie: le sénat russe autorise Poutine à recourir à la force militaire à l'étranger

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Vladimir Poutine a obtenu mercredi le feu vert du Sénat russe pour des frappes aériennes en soutien à l'armée du président syrien Bachar al-Assad à quelque heures d'une réunion au Conseil de sécurité sur la lutte contre la "menace terroriste".

Les 162 sénateurs présents au vote ont approuvé à l'unanimité la demande du Kremlin d'autoriser le recours à un "contingent militaire" à l'étranger.

Le chef de l'administration présidentielle Sergueï Ivanov a précisé que le dispositif militaire concernait la Syrie et qu'il ne concernait que des frappes aériennes, excluant ainsi - tout du moins pour l'heure - l'engagement de troupes au sol.

"L'objectif militaire de cette opération est exclusivement le soutien aérien aux forces armées syriennes dans leur lutte contre l’État islamique", a expliqué après le vote Sergueï Ivanov, selon des propos retransmis à la télévision russe.

Le Kremlin avait annoncé plus tôt avoir demandé l'autorisation du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, à recourir à un "contingent des forces armées russes" en dehors du territoire national.

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Cette demande du chef de l'Etat à la chambre haute est formellement nécessaire pour que Vladimir Poutine, en tant que chef des armées, se lance dans une intervention militaire.

Le Sénat avait autorisé le président russe à recourir à la force la dernière fois en mars 2014, avant l'envoi de troupes d'élite de l'armée russe pour l'annexion éclair de la péninsule ukrainienne de Crimée.

"Tous nos partenaires et alliés seront informés aujourd'hui de cette décision, et les ministères de la Défense vont probablement recevoir des informations spécifiques", a poursuivi le chef de l'administration présidentielle.

Défense des "intérêts nationaux" de la Russie

Selon M. Ivanov, cette initiative est temporaire et s'inscrit dans le cadre du droit international puisque le président syrien a officiellement demandé l'aide de la Russie dans le combat contre les jihadistes de l'EI.

"Le président syrien s'est adressé au gouvernement de notre pays pour lui demander de lui fournir une aide militaire", a-t-il déclaré aux journalistes, refusant de préciser quel type d'équipements militaires seront utilisés par la Russie en Syrie.

"Nous parlons bien de la Syrie, mais il ne s'agit pas de réaliser un quelconque objectif géopolitique ou d'assouvir une quelconque ambition, comme nous en accusent régulièrement nos partenaires occidentaux. Il s'agit des intérêts nationaux de la Russie", a-t-il ajouté.

M. Poutine avait appelé lundi lors de son premier discours depuis dix ans à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à la formation d'une "large coalition antiterroriste" contre le groupe État islamique, incluant Damas et Téhéran.

L'accélération de l'engagement russe intervient alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov doit présider plus tard dans la journée une session du Conseil de sécurité de l'ONU sur la lutte "contre la menace terroriste", en premier lieu celle de l'EI en Irak et en Syrie.

La Russie doit proposer un projet de résolution allant dans ce sens. Washington a accusé au cours des dernières semaines Moscou d'avoir solidement renforcé sa présence militaire dans l'ouest de la Syrie, bastion du régime, et d'avoir augmenté ses livraisons d'armes aux forces gouvernementales syriennes.

Damas confirme avoir demandé une aide militaire à la Russie

bachar alassad

La présidence syrienne a confirmé mercredi que le président Bachar al-Assad avait demandé à son homologue russe Vladimir Poutine une aide militaire russe.

"Les forces aériennes russes ont été envoyées en Syrie à la suite d'une demande de l’État syrien par le biais d'une lettre de M. Assad (...) dans le cadre de l'initiative du président Poutine pour lutter contre le terrorisme", indique un communiqué de la présidence syrienne.

Une source militaire syrienne a qualifié la décision russe "de positive et de naturelle entre Etats alliés et entre amis". "Une démarche pratique et sérieuse a commencé aujourd'hui pour mettre fin au cancer qui s’étend dans le monde et raccourcir le délai pour l'éliminer", a précisé cette source à l'AFP, sous couvert d'anonymat.

"La coordination va prendre désormais une autre dimension, au-delà de ce qui existait jusqu'à présent, et s'étendra pour inclure des domaines comme la reconnaissance, la recherche d'information et la désignation de cible selon les besoins sur le terrain", a ajouté la source. Pour ce responsable militaire, "l'initiative russe est l'apogée d'une coordination continue et ancienne entre les deux pays".

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