MAROC
30/09/2015 04h:18 CET | Actualisé 02/10/2015 07h:05 CET

Success Stories: Diamantine, Hit Radio et Oliveri, ces marques marocaines qui ont réussi (épisode 3)

Ces marques marocaines qui ont réussi
HuffPost Maroc
Ces marques marocaines qui ont réussi

BUSINESS – Souvent parties de rien, ces marques marocaines ont réussi à se hisser dans la cour des grands et brassent aujourd’hui des millions de dirhams. Zoom sur trois success stories made in Morocco.

Diamantine - Le beldi sur la route de la soie

Confectionner en usine des djellabas et des caftans, ces hauts symboles de la couture marocaine, c’est le pari fou qu’a pourtant réussi la marque Diamantine, lancée 2001 sous le nom de Châles et foulards.

Au commencement, la holding familiale SoftGroup, l’un des premiers groupes textiles du Maroc qui opère aussi dans l’immobilier, se lance dans l’aventure du "beldi" en profitant de son savoir-faire acquis depuis bientôt un siècle dans le textile et de ses (gros) moyens de production.

Diamantine importe alors sa soie de Chine avant de la confectionner dans son usine de Aïn Sebaa, et ouvre une première boutique pour exposer ses fringues traditionnelles "Made in morocco" revisitées.

Le succès ne se fait pas attendre, ce qui pousse cette filiale du groupe détenu par la famille Kabbaj à multiplier les points de vente. Résultat: une cinquantaine de boutiques au Maroc dont 18 à Casablanca, une vitrine en ligne et une présence à l’international avec une dizaine de magasins inaugurés en Algérie et plusieurs distributeurs dans le reste du Maghreb et du Moyen-Orient.

En tout, la marque "tradi-chic" vend près de 100.000 châles et foulards par an et quelque 120.000 pièces d’habillement, pour un chiffre d’affaires estimé entre 16 et 20 millions de dirhams.

Son secret? Des prix abordables et une grande réactivité face aux tendances puisque chaque année, deux collections voient le jour, dont chacune propose près de 500 modèles, entre châles, foulards, accessoires et tenues traditionnelles.

Pour pérenniser le succès, l’enseigne a dépensé en 2010 près d’un million et demi de dirhams en communication. Trois ans plus tard, elle a lancé sa marque haut de gamme Diamantine Premium, qui propose des tenues destinées à une clientèle huppée et à l’export.

Hit Radio - Fréquence Michael Jackson

Premier réseau radiophonique privé du Maroc et une présence dans une dizaine de pays du continent, Hit Radio a réussi en moins de dix ans à marquer le paysage radiophonique africain. Son histoire, c’est aussi celle de son fondateur, Younes Boumehdi, 45 ans et pas une ride.

Nous sommes en 1993, le jeune rbati, fraîchement diplômé en marketing et communication à l’European Business School de Paris, présente son premier projet de radio. Le rêve d'un gamin né d’un père général et d’une mère…baronne.

Mais, faute de licence, Younes Boumehdi s'oriente vers un tout autre métier: il importe au Maroc des produits estampillés Michael Jackson tout en gérant un labo d’analyses. Vaste programme.

En 2006, il revient à la charge et obtient finalement le précieux sésame pour la création de Hit Radio. Le concept? Une station musicale à destination d’un public jeune, créneau jusqu’alors jamais exploité par les radios marocaines.

Le succès est immédiat et la radio "100% Hits" parvient dès lors à se hisser parmi les six radios les plus écoutées au Maroc, avec plus d’un million et demi d’auditeurs par jour, selon les différents résultats de vague d'audience.

C’est aussi la première station musicale du pays - la musique, notamment marocaine, représente 85% de sa programmation générale - et dispose du premier réseau de fréquences autorisées (100). Surtout, elle est soutenue par des programmes phares comme celui de Doc Samad, une "émission qui écoute les jeunes", et le morning désormais emblématique animé par Momo.

Hit Radio, c’est également la seule station marocaine présente dans 13 pays étrangers (10 en Afrique, le reste en Europe). Ses principales cibles hors de nos frontières? Les pays subsahariens francophones où les programmes de la station peuvent contribuer à "l’expansion de notre culture à l’international".

Oliveri - Briser la glace

"Au cœur du succès Oliveri, un secret de famille bien gardé", s'enorgueillit le maître glacier marocain sur son site Internet. Il faut dire que depuis sa création il y a près de 60 ans, Oliveri est parvenu à concurrencer (détrôner ?) les meilleurs artisans glaciers italiens sur le territoire marocain grâce à ses glaces artisanales produites à l’ancienne…

L’aventure commence en 1972, lorsque Abderrafih El Amrani, qui rêvait depuis sa plus tendre enfance de fabriquer des glaces, rachète au Sicilien Oliveri son café-glacier ouvert depuis une vingtaine d’année sur l’avenue Hassan II à Casablanca. El Amrani, qui gère en parallèle des sociétés familiales opérant dans le textile et le bâtiment, développe son savoir-faire et la notoriété de la marque "dans le respect de la tradition".

Oliveri devient alors une adresse incontournable pour les amateurs de glaces et de sorbets. En 2003, pour célébrer les cinquante ans de la marque, Abderrafih El Amrani, entouré désormais de ses deux fils, inaugure un deuxième local plus spacieux au quartier Maarif à Casablanca. L’occasion aussi de peaufiner le menu, longtemps resté classique, et d’améliorer l’identité visuelle de l’enseigne.

Cet investissement de 6 millions de dirhams n’est que le premier d’une longue série de cafés-glaciers parsemés dans le royaume. Aujourd’hui, elle en compte huit, dont la moitié dans la métropole économique, le reste à Mohammedia, Rabat, Marrakech et Agadir.

Afin d’approvisionner les différents points de vente, la famille Amrani a renforcé son unité de production artisanale.

En 2015, El Amrani ferme la porte aux demandes de franchises, ouvertes cinq and plus tôt, pour préserver le caractère artisanal de son projet, basé sur méthode plus longue à la production.

Il n'empêche que pour attirer autant de clients été comme l’hiver, la marque n'hésite pas à adapter ses menus selon les saisons. Un moyen de se renouveler en continu "dans le respect de la tradition".

LIRE AUSSI: